L’Institut français d’Alger a annulé l’événement culturel en hommage à Albert Camus intitulé «Balade littéraire sur les traces d’Albert Camus», prévu samedi au parc archéologique romain à Tipasa, épidémie de Covid-19 oblige. Cette rencontre devait être animée par la présidente de la Société des études camusiennes, Agnès Spiquel, et de Christian Phéline, historien et spécialiste des œuvres de Camus.

Des lectures étaient programmées par plusieurs intervenants à la basilique civile du site antique de Tipasa à partir de 11 heures et devaient se poursuivre tout l’après-midi au profit du grand public et des amis de Camus. Le temps de lecture de 38 secondes pour chaque intervenant devait aborder un aspect de la vie de cet écrivain, qui a raconté Tipasa dans son livre «Noces d’été» et «l’Etranger». Agnès Spiquel, professeure de littérature et présidente de la Société des études camusiennes, devait être accompagnée pour l’occasion par Christian Phéline, historien, spécialiste de l’œuvre de Camus. Les deux auteurs ont publié le «Guide d’Alger, sur les traces de Camus et de ses amis». C’est sur l’esplanade de la basilique civile du site antique de Tipasa, le plus vaste édifice chrétien fouillé en Algérie, qui s’étend sur 58 m de long et 48 m de large, que l’auteur de «l’Etranger» devait être étudié durant cette journée.
Albert Camus a, sur les hauteurs du parc archéologique de Tipasa, un monument qui lui est dédié en souvenir de son amour pour cette région. Une stèle qui surplombe la mer avec cette citation inscrite dessus : «Je comprends ici ce qu’on appelle gloire : le droit d’aimer sans mesure».
Cette phrase d’Albert Camus chantant la beauté de Tipasa devait être clamée au cours de cette belle journée printanière.
«Au printemps, Tipasa est habitée par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l’odeur des absinthes, la mer cuirassée d’argent, le ciel bleu écru, les ruines couvertes de fleurs et la lumière à gros bouillons dans les amas de pierres. A certaines heures, la campagne est noire de soleil.»
«Noces», ce recueil composé de quatre récits lyriques, raconte les noces de l’homme avec la nature. Pour lui, Tipasa c’est la joie de vivre, la plénitude, la communion avec la nature, le soleil et la mer mais aussi des impressions et des méditations sur la condition humaine et la recherche du bonheur.
Les spécialistes de Camus racontent que celui-ci allait souvent à Tipasa s’abandonner aux joies du farniente et se baigner dans la mer «vivante et savoureuse», sous le mont Chenoua, qui ressemble à une femme enceinte allongée sur le dos. Onze pages qui résument cette philosophie du farniente, en exaltant «les dieux qui parlent dans le soleil et l’odeur des absinthes, la mer cuirassée d’argent…» C’est là qu’il dit avoir exercé son «métier d’homme» en savourant, dans une ivresse
sans fin, l’orgueil de vivre et de jouir que tout, sous ce ciel, conspirait à lui donner».
Cette balade sur les traces de Camus fait suite aux éditions précédentes sur le printemps des poètes de Tipasa organisé, au niveau du parc romain, conjointement par l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc) et l’institut français.<