Le FLN frappe un grand coup en s’emparant de la présidence de la majorité des APW. En effet, le vieux parti prend les rênes de pas moins de 21 APW, au moment où les autres formations politiques étaient occupées à introduire des recours.

Ainsi, le FLN a obtenu la présidence des APW d’Alger, d’Oran, de Tébessa, de Saïda, de Msila, d’Oum el Bouaghi, d’Aïn Defla, d’El Tarf, de Batna, de Tlemcen, de Relizane, de Mascara, de Ouargla, de Tindouf, de Tissemsilt, de El Bayadh, de Annaba, de Laghouat, de Tipasa, de Naâma et de Souk Ahras.
C’est que les élus du FLN, rodés aux opérations électorales, n’ont pas baissé la garde et ont gardé leur concentration jusqu’aux ultimes moments, parvenant à nouer des alliances, parfois contre-nature, pour atteindre leurs desseins.
Cette performance du FLN sauve, en quelque sorte, le recul arithmétique du parti, sachant qu’il avait perdu encore du terrain lors du scrutin du 23 novembre dernier.
En contractant des alliances conjoncturelles, y compris avec les partis de l’opposition, tels que le MSP, le FLN n’avait qu’une seule idée en tête : gagner, coûte que coûte, la présidence des assemblées et surtout barrer la route au frère-ennemi le RND. Et parfois, comme ce fut le cas à Oran, des alliances avec le RND s’imposaient, au profit du FLN bien évidemment.
Au FLN, la hantise de la montée en puissance du RND inquiète au plus haut point, d’autant plus que le parti d’Ahmed Ouyahia ne cesse de grignoter des espaces jusque-là détenus par le FLN.
Malgré tout, le vieux parti demeure la première force du pays, et cela, il tient à le rappeler et à le crier haut et fort. Pour la présidence des APW, le parti a contracté des alliances, là où il pouvait, avec toutes les formations susceptibles de lui permettre de barrer la route au RND. Et il a réussi son pari. Même si, au niveau central, on affirme que ces alliances ne sont pas le fruit d’une décision de la direction du parti, mais du travail de terrain de ses élus locaux.
En jetant toutes ses forces dans cette ultime bataille post-électorale, le FLN ne veut rien lâcher au profit du RND, et ce, en prévision des échéances à venir. Le secrétaire général du FLN, sur la sellette, justement, en raison du recul du parti, sauve, en quelque sorte la face, en attendant de sauver sa tête lors de la prochaine session du comité central. D’ailleurs, cette dernière, reportée, une première fois, pour cause d’organisation des élections locales, pourrait ne pas se tenir durant le mois de décembre, selon les échos parvenus de la direction du parti, qui argue par son planning chargé à cause des élections locales. Un report qui permettrait à Djamel Ould Abbès d’entamer des tractations en vue de faire pencher la balance en sa faveur.