Les nouveaux membres du Conseil de la nation, fraîchement élus, attendent leur installation. En dépit du report de la séance plénière pour leur prise de fonction officielle au sein de la Chambre haute du Sénat, la majorité d’entre eux n’expriment aucune inquiétude.

C’est du moins ce qui ressort des déclarations des sénateurs contactés par nos soins. «On a encore le temps pour l’installation et le renouvellement de l’élection à Tlemcen vient d’être refait en raison du recours qui a été introduit», explique à ce propos Ahmed Latifi, sénateur du Front de libération nationale (FLN) de Souk Ahras. De son côté, Guerinik Abdelkader, sénateur de Naâma, également du FLN, estime : «Nous restons à la disposition de notre parti et notre installation interviendra sous peu. Normalement la semaine prochaine, le moral et l’ambiance sont au beau fixe.» Même son de cloche chez Fouad Sebouta, sénateur de Jijel du même parti. «On nous a dit qu’on va nous appeler pour nous informer du jour de l’installation, ce qui est tout à fait normal et ne pose absolument aucun problème », note-t-il tout en insistant sur le fait que le report est une situation des plus ordinaires. Toutefois, d’autres sénateurs ne manquent pas de spéculer sur le report de l’installation des nouveaux sénateurs et sur ses arrières-pensées politiques. C’est notamment le cas des sénateurs du Rassemblement national démocratique(RND) qui craignent que le président de la République ne remplace l’actuel président du Conseil de la nation Abdelkader Bensalah par un sénateur FLN. «Au RND, on craint grandement un changement à la tête du Sénat», explique un sénateur du centre, selon lequel «même si traditionnellement le poste de président du Sénat est revenu au RND, il n’en demeure pas moins que cette fois, le FLN a eu un score historique lors du renouvellement partiel. Et ça peut faire réfléchir le président de la République qui peut nommer un sénateur FLN en remplacement de Abdelkader Bensalah», fait-il observer. Un autre sénateur RND évoque un possible départ de Abdelkader Bensalah de la tête du Sénat «pour des raisons de santé». «Au RND, tout le monde sait que Bensalah est malade et sa santé ne cesse de se détériorer. Beaucoup avancent la possibilité de son départ et son remplacement par un sénateur FLN, soit nouvellement élu ou alors nommé au sein du tiers présidentiel». Toutefois, selon notre source, «il ne s’agit que de simples spéculations». «C’est ce qui se dit dans le microcosme politique algérois, mais personne n’est en mesure d’affirmer quoi que ce soit», tient-il à préciser. Quoi qu’il en soit, notre source parle d’une «intense tension au sein du RND à la veille de la désignation du futur président du Sénat». «Au RND, on retient notre souffle parce que, déjà lors du renouvellement de la moitié des membres du Sénat, le score du parti a été dérisoire et si, en plus, on devait perdre le poste de président du Sénat, ce serait un désaveu pour notre parti directement infligé par le président de la République», relève-t-il. Selon lui, «le FLN, actuellement majoritaire au sein de l’ensemble des institutions, aura également à son actif la présidence du Sénat, ce qui déclassera le RND et minimisera sa place au sein de la scène politique nationale». Quoi qu’il en soit, et en attendant l’annonce de cette date, le directeur de la communication au Sénat, Salim Rebahi, qui attribue le report à la désignation des sénateurs du tiers présidentiel, soutient qu’«on ne peut procéder à l’installation de la moitié des sénateurs. Il faut attendre la désignation des membres du tiers présidentiel». n