Le Premier ministre Abdelaziz Djerad a présidé, hier, la cérémonie d’installation de Rédha Tir au poste de président du Conseil national économique et social (Cnes), en remplacement de Mohamed Seghir Babes, décédé en 2017. La relance de cet outil d’évaluation entré dans une phase d’inactivité, notamment depuis le décès de son ancien président, pourrait être une bonne nouvelle dans une conjoncture particulièrement sensible de la construction de la nouvelle Algérie.
Dans son allocution lors de cette cérémonie, le Premier ministre a affirmé que «la relance du Cnes et la mission constitutionnelle, dont il est investi en tant qu’institution de la bonne gouvernance nouvelle du développement, contribueront, assurément, à l’édification d’une Algérie nouvelle sur la base de la triptyque, développement humain, transition énergétique et économie du savoir et du numérique, représentant un large espace pour la concertation et le dialogue constructif afin de trouver des réponses collectives et innovantes aux grandes questions de développement du pays». Le gouvernement exprime ainsi le besoin de réanimer cet organisme tombé quasiment en désuétude et considéré comme une coquille vide depuis quelques années. «Cet organe consultatif, qui comprend des syndicats, des travailleurs, des employeurs, des associations et des compétences pratiques et intellectuelles, est un espace d’expression responsable et d’interaction positive avec les aspirations des différents groupes de la société», dira-t-il. Le gouvernement semble en tout cas dans une perspective de réactivation de cet outil et de solliciter ses travaux, voire les utiliser comme une source de travail afin d’opérer les «corrections» qui s’imposeraient. Le Premier ministre a souligné à cet effet que le gouvernement «n’hésitera pas à solliciter l’avis du conseil sur les questions économique et sociale, et qu’il recevra toute l’attention du gouvernement pour gagner le pari de moderniser l’économie, en augmentant sa compétitivité, en accélérant le rythme de développement et la distribution équitable de ses fruits», dira Djerrad. Ajoutant que «le gouvernement attendra avec intérêt les avis, observations et suggestions du conseil, qui contribueront au renforcement de la marche inébranlable de notre nation dans la voie du développement et de la modernité».
Un outil de soutien
de la décision publique
Le nouveau président du Cnes, Rédha Tir a indiqué, de son côté, que cette institution consultative, créée en 1968, constitue un outil de soutien de la décision publique et d’ouverture sur les libertés économiques, collectives et individuelles et d’éclairage de l’opinion publique pour davantage d’adhésion aux politiques publiques. Le Conseil des ministres avait approuvé, lors de sa réunion de dimanche, la nomination de Rédha Tir à la tête du Cnes. La présidence du Cnes est restée vacante depuis le décès de Mohamed Seghir Babes le 7 mars 2017. Véritable outil d’évaluation et de critique dans le bon sens du terme de l’action du gouvernement, le Cnes gagnerait en effet à être réactivé dans son fonctionnement notamment en cette période de construction d’une nouvelle Algérie annoncée par l’actuel gouvernement. Dans un objectif évident de quête d’organisme de consultation crédible. L’on se rappelle en effet la période où cet organisme publiait des rapports qui contredisaient même les chiffres officiels du gouvernement jugés un peu trop enjolivés. n