Par Sihem Bounabi
Dans un contexte marqué par une polémique sur les médicaments, notamment concernant la disponibilité de l’insuline rapide, du Paracétamol et de l’Enoxaparine (générique de Lovenox), le président du Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo) déclare : «Sur cette question de pénurie des médicaments, le contact est permanent entre le président de l’Observatoire et le Comité du médicament qui a été installé au niveau du Snapo suite au dernier congrès.» Soulignant que «l’on transmet régulièrement tous les trois à quatre jours une liste de produits qui subissent une perturbation avant qu’il y ait une rupture».
Il illustre ses propos en citant les tensions qu’il y a eu sur l’insuline rapide, qui a fait couler beaucoup d’encre cette semaine, en affirmant : «Ce problème a déjà été résolu la semaine dernière parce que nous avions agi par anticipation.» En expliquant que «dès que des perturbations ont commencé à se faire ressentir au niveau des officines des villes, nous l’avons rapidement signalé et tout de suite après, soit au courant de la semaine passée, 200 000 boîtes d’insuline rapide ont été injectées sur le marché» .
Dr Messaoud Belambri explique également que le Snapo est aussi en contact permanent avec les producteurs afin de suivre le rythme des productions de médicaments, en précisant que «le fait d’avoir l’information chez le producteur que le produit n’est pas disponible en officine, c’est là qu’on tire la sonnette d’alarme pour garantir la distribution et l’approvisionnement des officines et ne pas avoir de rétentions de stock». Il précise ses propos en soulignant qu’«en œuvrant à assurer un suivi régulier et permanent quand on sait que le produit est fabriqué, qu’il est libéré et qu’il n’arrive pas aux officines, là il y a quelque chose qui ne va pas. On intervient donc en le signalant».
Le président du Snapo explique dans ce sillage que c’est ce suivi régulier et permanent qui a permis de faire le constat que l’Enoxaparine n’arrive pas au niveau des officines. Quand on a posé la question, on a été informé que la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCG) a constitué des stocks en prévision de la prochaine vague covid.
Face à ce constat, et après avoir signalé cela et grâce aux contacts établis avec le producteur, le Snapo a été informé que plus de 443 000 doses ont été libérées pour les officines. «Il y a 48 heures, on a été informés qu’ils ont libéré plus de 70 000 boîtes, c’est donc 140 000 doses. Au total, d’ici la fin de l’année, ce sera plus de 2 millions de boîtes libérées pour les officines des villes», affirme le président du Snapo. Ajoutant, qu’«on a également été informés que le même producteur a fait l’acquisition d’une troisième machine qui a une grande capacité de production et qui va être lancée incessamment». Il annonce également qu’il y a aussi un producteur de la wilaya d’El Taraf, spécialisé dans les produits injectables et les médicaments biologiques, qui va également produire l’Enoxaparine. Ce sera le deuxième producteur national de ce médicament
Concernant les perturbations de la disponibilité du Paracétamol, le président du Snapo confie que «le Paracétamol est en train de subir les conséquences de la troisième vague de la covid. Une fois que la perturbation est installée, il est très difficile de rétablir l’équilibre sur un produit qui a connu une rupture. Et pourtant, ce sont des millions de boîtes qui sortent chaque semaine de nos usines de production. «Là aussi, je tiens à signaler que depuis la semaine passée les choses se sont améliorées pour le Paracétamol et les officines sont mieux approvisionnées et les quantités livrées sont supérieures aux semaines précédentes.»
Il estime ainsi que dans les prochaines semaines, la disponibilité du paracétamol dans les officines de ville va s’améliorer et que cela dure dans le temps d’autant plus que, selon les prévisions, Saidal devrait en principe produire pour l’année 2022 au minimum 20 millions de boîtes de Paracétamol».
Appel aux opérateurs de respecter leurs engagements
Réitérant l’engagement du Snapo à veiller à faire régulièrement le suivi sur la disponibilité du médicament, Dr Messaoud Belambri tient à souligner que «la situation n’est pas plus tendue que d’habitude. Le comité du médicament du Snapo est entièrement consacré à faire le suivi de la disponibilité des médicaments d’une manière régulière et continue. Actuellement, nous avons ciblé 40 produits essentiels et nous suivons leur disponibilité sur le marché de manière régulière et pratiquement au jour le jour. De facto, nous signalons de manière immédiate toute perturbation au président de l’Observatoire pour qu’il intervienne rapidement. Je peux vous assurer qu’il nous apporte des réponses immédiates après enquête».
Il cite à titre d’exemple le cas d’un producteur qui s’était engagé à produire 300 000 boîtes d’un produit antiépileptique et que finalement il n’avait pas respecté ses engagements. Dr Belambri affirme à ce sujet que «c’est la veille qu’on a signalé le manque de produit. Et c’est là où il y a un exemple de rupture parce qu’un producteur n’a pas honoré sa part de production. Il y a eu mise en demeure et rattrapage de la situation par la signature urgente d’un programme d’importation».
Le président du Snapo lance justement un appel aux opérateurs qui s’engagent en matière de production ou d’importation et qui ont des programmes d’importations et de production signés, «nous les appelons aux respect de ces programmes», ajoutant «que s’ ils rencontrent des difficultés de production ou d’importation de matières premières ou des difficultés techniques ou administratives, il faut qu’ils le signalent pour trouver des solutions palliatives».
Il tient également à préciser qu’«on a été informés que dans le cas de défaillance d’un producteur local, il n’est pas exclu de recourir à un programme d’importation en urgence pour ne pas priver les malades de leurs médicaments». <