La quatrième vague de la pandémie de Covid-19 est bien installée et il s’agit de faire en sorte que ses conséquences ne se répercutent pas négativement sur la population et sur le système de santé.

PAR INES DALI
C’est dans ce sens que le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, a donné des directives, hier, lors de sa rencontre avec les directeurs de la santé et de la population (DSP) des différentes wilayas. Des directives qui revêtent une importance capitale avant l’inévitable arrivée en Algérie du variant Omicron, connu pour sa très forte contagiosité et qui a fait sa première victime annoncée hier au Royaume Uni.
Tout en indiquant que les nouvelles directives «s’inscrivent dans le cadre de la stratégie proactive de préparation et de réponse à la quatrième vague du coronavirus», le ministre a souligné aux directeurs de la santé des wilayas la nécessité de «réserver des hôpitaux et des services spécialement dédiés aux malades de Covid-19». Dans chaque wilaya, il faudra tenir compte de «la densité de la population et des cas confirmés qui y sont enregistrés», a-t-il précisé, afin qu’il n’y ait pas de mauvaises surprises si les cas confirmés venaient à flamber.
L’attribution d’hôpitaux dédiés ne devrait cependant pas se faire au détriment des autres pathologies, a déclaré le Pr Benbouzid, qui a insisté que la démarche à adopter devra être conduite «sans préjudice d’un certain nombre de spécialités de grande importance, comme les services anti-cancer, les services de gynécologie, d’obstétrique, de réanimation, de chirurgie générale et de pédiatrie, ainsi que les Urgences».
La situation qu’a vécue l’Algérie lors de la troisième vague étant encore vivace dans les mémoires, instruction a été donnée par le ministre de la Santé de veiller à ce que l’oxygène médical ne vienne pas à manquer dans les hôpitaux. C’est, ainsi, qu’il a appelé les DSP à «dresser un inventaire détaillé du stock d’oxygène dont disposent les différents établissements de santé», en plus «d’examiner, de maintenir et de surveiller l’état des divers équipements médicaux mis à la disposition de ces établissements».
Pour lui, il est primordial de «bien cerner» la situation dans chaque wilaya en identifiant avec précision «l’état de préparation des établissements de santé», notamment au vu du nombre élevé de cas de contaminations par le Covid-19 constaté maintenant au niveau de nombreuses wilayas en cette période de quatrième vague avérée de la pandémie.
Les DSP sont rassurés qu’ils ont toute la latitude d’intervenir dans la gestion de la vague, en leur donnant «pleins pouvoirs dans la prise de décisions» qu’ils jugeront au mieux pour faire face à la crise sanitaire. Ils doivent, par ailleurs, «remettre un rapport détaillé sur le stock de médicaments destinés aux patients Covid-19, notamment concernant les anticoagulants», a précisé le ministre de la Santé, en leur demandant de fournir également une liste de leurs besoins. Abordant la question d’une éventuelle pénurie qui pourrait survenir, il a affirmé que tout manque relevé sera pris en charge et assuré par la Pharmacie centrale des hôpitaux en temps opportun.
En cette occasion, le Pr Benbouzid n’a pas manqué de revenir, encore une fois, sur la vaccination. Il a lancé un appel à la population à se diriger vers les centres vaccinaux pour recevoir leur dose d’anti-Covid-19, tout en réitérant que la vaccination reste la seule solution pour faire face à la pandémie. Il a, également, rappelé que l’Algérie dispose d’un stock important de vaccins, 13 millions de doses actuellement, auxquelles viendront s’ajouter d’autres, se chiffrant en millions, lors des prochains jours. La vaccination protège contre les formes graves et les décès, c’est ce dont il faudrait tenir compte, surtout qu’il s’est avéré que le variant Omicron cause, lui aussi, des décès. «Au moins une personne contaminée par Omicron est décédée au Royaume-Uni, qui met les bouchées doubles pour que tous les adultes puissent recevoir une troisième dose de vaccin anti-Covid d’ici fin décembre face au «raz-de-marée» de ce variant très contagieux», selon les agences de presse. En Algérie, rappelle-t-on, le taux de vaccination avec les deux doses est de 27%, selon le ministre de la Santé qui l’a qualifié de «très faible». <