PAR NAZIM B.
Adopté jeudi dernier par le Sénat, après approbation par l’APN, le contenu de la Loi de finances 2022 continue de susciter la réprobation des partis politiques. C’est ce qu’a signifié, hier, le Parti des Travailleurs (PT) – non représenté au Parlement- qui a chargé le Gouvernement d’Aïmene Benabderrahmane.
La formation de Louisa Hanoune a énuméré plus d’un articles contenus dans le texte pour dire que l’Exécutif a fait le choix aux conséquences lourdes pour l’économie du pays, la souveraineté de l’Etat et le pouvoir d’achat des citoyens.
Estimant que l’Etat vient, à travers ce texte, d’abandonner son caractère social, un héritage de l’Indépendance, le PT met en garde quant à ce qu’adviendra la situation socio-économique du pays.
«De toutes les lois de finances élaborées et mises en œuvre par les différents gouvernements depuis l’Indépendance, celle qui vient d’être approuvée par le Parlement est, de loin, la plus régressive et la plus dangereuse pour le pays. A travers la suppression des transferts sociaux et des subventions socio-économiques, c’est l’abandon par l’Etat de son rôle social», a, d’emblée, pointé le PT dans un communiqué de son secrétariat politique. Ce dernier considère que la LF 2022 «remet en cause les fondements sociaux de l’Etat algérien tels que pensés par les combattants pour d’indépendance nationale et consolidés par les luttes et les sacrifices du peuple travailleur, et programme le démantèlement du secteur public».
Dans le détail, le PT cite l’article 159 de la LF 2022 qui «permet la privatisation des banques publiques alors que l’article 186 redéfinit les secteurs stratégiques en les réduisant globalement aux seuls secteurs des mines, à l’amont du secteur d’énergie, à l’exploitation et le transport de l’électricité et des hydrocarbures, aux industries militaires, aux voies de chemin de fer, des ports et des aéroports, et aux industries pharmaceutiques».
Cela signifie, s’alarme le parti de gauche, que «tous les autres secteurs, y compris les postes et télécommunications, l’eau, le transport aérien et maritime… qui constituent l’ensemble du tissu industriel et des services dans notre pays, seront livrés au pillage notamment étranger sous couvert d’investissements directs étrangers (IDE)».
Et au PT d’estimer que «la décision de démembrer le groupe Cosider vient confirmer l’ampleur du danger qui menace le secteur public», relevant qu’avant même de «parachever son œuvre de démantèlement des services et des entreprises publiques sur le plan juridique et législatif, le gouvernement passe déjà à l’action pratique en s’attaquant au groupe Cosider, une des plus grandes entreprises publiques, la troisième à l’échelle africaine et l’une des plus performantes».
Critiquant l’option de «dispatcher» les filiales de Cosider sur différents ministères», le PT a estimé que c’est «un pas gravissime que le gouvernement s’apprête à franchir, car l’objectif d’une telle opération n’a d’autres visées que le démantèlement de cette entreprise rentable qui emploie plus de 40 000 travailleurs, préparant la privatisation de ses filiales».
Le PT a souligné, dans ce sens, que c’est «la répétition de ce qui s’est produit déjà au début des années 1980 avec la restructuration des entreprises publiques qui a fragilisé l’ensemble du secteur public, puis programmé la liquidation de 1 500 entreprises publiques dans les années 1990, sur instruction du FMI et de la BM, dans le cadre du PAS, liquidant 1,200 million emplois et désertifiant des pans entiers de notre économie, qui ne s’en est jamais remise».
A partir du constat que le pays «n’étant plus endetté envers les institutions financières internationales», la formation de Louisa Hanoune conclut que «cette démarche mortelle semble participer d’un choix idéologique qui s’attaque aux réalisations essentielles de l’indépendance nationale».
Le parti trotskyste dit ne pas comprendre les mesure du Gouvernement qui «ne semble pas mesurer la gravité de ses décisions et les risques qu’elles font peser sur la stabilité de notre pays» au moment, relève-t-il, où «les plus grands dangers guettent notre région, en général, et notre pays, en particulier, du fait de la présence y compris militaire de l’entité sioniste à nos frontières ouest, posant l’urgente nécessité de renforcer les ressorts de la Nation par des politiques conformes aux aspirations et attentes de la majorité du peuple». n