Dans un déplacement aux allures de campagne, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire Noureddine Bedoui était, hier, en visite à Annaba, en compagnie des ministres des Transports et des Travaux publics, Abdelghani Zaâlane, des Ressources en eau, Hocine Necib, et ce, pour constater sur le terrain l’étendue des dégâts occasionnés par les inondations ayant frappé Annaba cette dernière semaine e t «rassurer» les habitants et les sinistrés que l’Etat est décidé à mettre tous les moyens humains, matériels et financiers pour la protection de leurs vies et biens.

La visite a débuté par le géant de l’acier, Sider El-Hadjar qui est à l’arrêt depuis plus de onze jours. Au niveau du complexe, comme durant le reste de la visite, un air de campagne électorale précoce planait sur cette visite. «Le président de la République Abdelaziz Bouteflika accorde une immense importance au complexe d’El-Hadjar», a lancé M. Bedoui quelques minutes à peine après que le ministre des Ressources en eau ait déclaré que le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, avait pris toutes les décisions nécessaires pour préserver ce cœur battant de l’industrie algérienne. Rappelant au passage tous les efforts consentis par l’Etat, dans le cadre du programme du président de la République, pour le maintien et la préservation de la stabilité du complexe. «Nous allons continuer à vous accompagner pour la relance du complexe et pour servir la production nationale», a encore affirmé le ministre de l’Intérieur.
Actualisation de la stratégie de prévention contre les inondations
Les trois ministres ont tour à tour expliqué les raisons ayant conduit à cette catastrophe naturelle qui causa la mort de quatre habitants et d’innombrables dégâts matériels. Le ministre des Ressources en eau a, pour sa part, estimé qu’il était nécessaire de mettre en place un plan durable avec une vision à long terme tout en affirmant que l’Etat allait apporter des solutions concrètes pour l’éradication de ce genre de catastrophes naturelles. «Pour cela, il y a une véritable volonté de la part du gouvernement et du président de la République Abdelaziz Bouteflika», a affirmé M. Necib, avant de développer : «Nous allons aller vers des projets plus structurants pour cette lutte. Avec un programme de prévision et d’alerte plus efficace, et ce dans un cadre spécial pour renforcer les différents acteurs et notamment avec l’ASAL. Et Annaba sera en tête de liste pour disposer des dernières techniques et technologies en matière d’alertes ; les premiers équipements iront à Annaba». Après avoir reçu de la part de la direction de Sider El-Hadjar un cadeau à remettre au président Bouteflika, la délégation ministérielle s’est dirigée vers l’établissement scolaire le plus sinistré d’Annaba, à savoir le lycée Kloufi-Mohamed. Le directeur de l’Education a expliqué aux trois ministres l’étendue des dégâts sur son secteur suite aux inondations. Pas moins de 150 millions de dinars furent nécessaires pour permettre aux élèves de 22 établissements de reprendre «normalement» les cours. M. Bedoui a affirmé, à Sidi-Achour, au cours d’un exposé sur les dégâts provoqués par les inondations, qu’il était indispensable d’actualiser la stratégie de prévention contre les inondations en misant sur le moyen et long termes sans pour autant négliger le court terme. L’important parc de stations de relevage d’Annaba a permis d’éviter le pire. C’est d’ailleurs cette remarque du directeur des ressources en eau de la wilaya d’Annaba qui suscita l’intérêt du ministre de l’Intérieur. «Vous dites que grâce aux 35 stations de relevage dont dispose la wilaya, dont 14 au niveau des points noirs du chef-lieu, vous avez réussi à éviter le pire. Je vous pose une question : est-ce que la généralisation des stations de relevage au niveau de tous les points noirs de la ville permettrait d’éviter d’éventuelles futures catastrophes ?», et d’affirmer que cette solution pourrait être efficace à court et moyen termes, avant que le barrage de rétention de Bouhdid, d’une capacité de 750 000 m3 n’entre en marche d’ici quelque 30 mois. Une idée qui, du point de vue des techniciens de l’hydraulique, semblait avoir toute ses chances de réussir. «Le barrage c’est le traitement en amont. Il faut un réseau de collectes renforcé par des stations de relevage, en aval», a-t-il encore indiqué. Et d’ajouter : « Il est nécessaire de tirer des enseignements de ces inondations, afin d’éviter que cela ne se reproduise».
Au chevet
des sinistrés
Les trois ministres ont tenu à se rendre à la cité des 312 habitations préfabriquées sinistrées de Boukhadra pour rassurer les habitants et leur montrer que le gouvernement est et restera présent, pour mettre en œuvre tous les moyens nécessaires à leur protection. La délégation s’est rendue au domicile de l’une des quatre victimes décédées suite aux inondations, pour présenter leur condoléances à la famille, tout en constatant sur place l’étendue des dégâts provoqués par la montée des eaux de l’oued. Le ministre de l’Intérieur a par ailleurs indiqué que l’Etat travaillait à l’éradication des habitations préfabriquées. Un recensement est d’ailleurs prévu dans les prochains jours pour l’octroi de logements sociaux aux habitants qui restent confrontés aux aléas et aux caprices de la nature. n

Sider El-Hadjar : reprise de la production le 10 février
«Demain (mardi 5 février), il sera procédé à la mise à feu du haut fourneau n°2. La relance de la production est, quant à elle, prévue pour le 10 février», a indiqué hier, en marge d’une importante visite ministérielle, le P-DG du complexe sidérurgique Maâtallah Chamsseddine. « Dès la fin de l’opération de séchage de plus de 270 moteurs et pièces, nous procéderons à la reprise des activités de production au niveau du complexe » qui est à l’arrêt depuis le 24 janvier, suite aux inondations qui ont touché le site. Le même responsable a indiqué que durant l’année 2018, Sider El-Hadjar a produit plus de 706.000 tonnes d’acier pour une valeur marchande de plus de 45 milliards de dinars (4.500 milliards de centimes). Durant cette même période, le complexe a recruté plus de 1.600 jeunes dans le cadre de plusieurs formules d’aides à l’emploi.