Des villageois malaisiens ont été évacués à l’aide d’une pelleteuse mercredi alors que de fortes inondations dans le pays d’Asie du Sud-Est ont contraint plus de 28.000 personnes à quitter leur domicile et fait au moins quatre morts, selon les autorités. Les inondations sont courantes sur la côte Est du pays pendant la saison des pluies et provoquent régulièrement des évacuations de population, mais pour les habitants de certaines zones, ces catastrophes naturelles sont les pires depuis plusieurs décennies. L’Etat de Pahang a été le plus touché, avec plus de 21.000 évacuations, tandis que l’Etat de Johor a vu 4.000 évacuations et des milliers d’autres dans plusieurs zones du pays, selon le département des Affaires sociales. Quatre morts dus aux inondations ont été recensés dans les Etats de Pahang et Johor. Mercredi, un groupe de villageois a été évacué avec une pelleteuse dans la localité de Kampung Sementeh (Pahang) qui s’est retrouvée isolée par les eaux, ont rapporté des médias sur place. Une femme enceinte et une veille femme malade, parmi d’autres habitants, ont été transportés dans la pelle surélevée de l’engin, tandis que d’autres se sont accrochés à la cabine pour traverser les routes inondées. Les habitants d’un autre village isolé ont traversé à la nage des eaux profondes de près d’1 mètre 80 pour avoir accès à de la nourriture et de l’eau potable. «Il a plu pendant trois jours, on manque de nourriture et certains magasins sont fermés», explique Juzaili Mat Zain, un ouvrier de 44 ans qui a aidé à organiser l’évacuation avec une pelleteuse. «Les autorités n’ont pas de bateaux ou de camions pour nous porter secours», indique-t-il. L’électricité a été coupée dans le village et certaines maisons sont inondées, ajoute-t-il. Selon Ahmad Saad Mohamad, un habitant de 48 ans, il s’agit des pires inondations dans la région depuis une quarantaine d’années. «Nous sommes déçus et en colère». «Cela fait trois jours et on n’a pas reçu d’aide du gouvernement». Ces inondations se produisent au moment ou l’épidémie de coronavirus s’aggrave dans le pays, ce qui fait craindre à certains réfugiés d’être contaminés dans les centres d’hébergement surpeuplés. Les autorités ont assuré avoir mis en place des mesures de prévention et ont demandé aux responsables de tester les villageois évacués.