Revoilà les pluies dans les villes du nord du pays ! Revoilà aussi les inondations avec leur lot de dégâts matériels, de lourds désagréments et de tracas causés aux populations, sommes-nous contraints d’enchaîner.

Par Feriel Nourine
Fatalement. Comme chaque année en pareille période, qui voit l’été refuser de prendre congé et l’automne tenter de le chasser à grands coups de pluie, qui reproduisent toujours le même spectacle désolant, sinon insolite dans certains cas.
De Chlef à Skikda, en passant par Aïn Defla, Tipasa, Alger, Blida, Boumerdès, Tizi-Ouzou, Béjaïa, Jijel, Bouira et Médéa, de fortes averses, accompagnées parfois de grêle, se sont abattues hier, suivies, presque sans transition d’inondations dans certaines de ces wilayas où la pluviométrie devait atteindre entre 30 et 40 mm, voire 50 mm, selon les prévisions émises la veille dans un Bulletin météo spécial par l’Office national de météorologie. Un deuxième BMS annonçait également de fortes précipitations dans les Hauts-Plateaux, à savoir les wilayas de Bordj Bou-Arréridj, M’sila, Djelfa, Tiaret, Tissemsilt, Saïda et Sidi Bel Abbès.
A Alger, quelques petites heures de précipitations ont suffi pour provoquer des inondations et des dommages matériels dans plusieurs quartiers, mais perceptibles notamment au niveau des grands centres urbains ou encore des axes routiers à dense fréquentation. A travers des vidéos et autres photos partagées sur les réseaux sociaux en guise d’illustration et de narration à cet énième sinistre du genre vécu par les Algérois au mois de septembre, période connue pour être propice aux fortes averses.
Routes coupées partout et d’immenses embouteillages qui ont transformé Alger en une ville à l’arrêt, et au ralenti, dans les moins mauvaises situations auxquelles ont été livrés hier de nombreux citoyens de la capitale. Comme le veut la coutume depuis la livraison des premières trémies dans la capitale, plusieurs étaient inondées, hier, tout comme certaines places publiques, à l’instar de La place du 1er-Mai et de sa trémie, qui connaissent une fréquentation remarquable de piétons et d’automobilistes.
Pis encore, à Tipasa, où les chutes de pluie enregistrées en ce premier jour de l’automne ont carrément poussé les responsables concernés à fermer l’autoroute Bou Ismaïl (Tipasa)- Zéralda (Alger), jusqu’au pompage complet des eaux et dégagement des regards obstrués, a appris l’APS auprès du directeur des travaux publics de la wilaya, Mohamed Bouazgui. Ce dernier a précisé que cette décision été prise aux environs de 10H, suite à l’obstruction des regards à son niveau par des déchets des surfaces agricoles avoisinantes et de l’accumulation des ordures. Autrement dit, les services concernés n’ont simplement pas daigné prendre les devants et procéder aux opérations de curage des regards avant l’arrivée des pluies. Sinon, comment expliquer pareils faits, alors qu’après les incendies qui ont frappé plusieurs régions du pays, début août, de nombreuses voix s’étaient exprimées pour inciter à ce type de travail préventif avant l’arrivée des premières pluies, porteuses souvent d’inondations.
En tous les cas, les usagers de cette route de et vers Tipasa ont payé chèrement hier cette attitude qui a tout d’un laisser-aller du genre récurrent se produisant un peu partout en Algérie. Ils ont été déviés vers l’échangeur -Est de la ville de Bou Ismaïl, pour ensuite prendre la RN11, en passant par Fouka Marine, puis Daouda Marine, avant de rejoindre de nouveau l’autoroute de Zéralda pour ceux qui se dirigent vers Alger, ou prendre la pénétrante de Khemisti, pour ceux qui veulent rejoindre Tipasa. Une sacrée et stressante gymnastique au volant qui a sans doute eu raison de nombreux usagers de cette autoroute, les obligeant à rebrousser chemin, et ne pas rejoindre leur lieu de travail ou de vaquer à d’autres occupations.

Routes bloquées et submergées
Comble du désemparèrent, ce énième sinistre subi par les citoyens après les averses d’hier est arrivé le jour de la rentrée scolaire, synonyme d’une circulation routière à ses plus hautes statistiques de densité. Autrement dit, une grande majorité des Algériens se trouvait hier dehors. La suite des évènements est facile à imaginer dans les wilayas où les précipitations ont sévi. A l’exemple d’Alger, capitale de l’Algérie, qui traîne aussi le triste statut de capitale des inondations se répétant d’année en année. Nul besoin d’ailleurs de remonter très loin dans le temps pour retrouver un précédent scénario d’inondations et de dégâts matériels dans la capitale. Il y a une année presque jour pour jour, Alger s’était réveillée dans une atmosphère apocalyptique, après une nuit de fortes précipitations à laquelle les autorités locales n’avaient visiblement pas jugé utile de se préparer. Ils ne semblent pas s’être préparés non plus pour le malheureux événement d’hier, à Alger, à Tipasa et vraisemblablement dans de nombreuses wilayas où les averses ont fait des dégâts, profitant d’une gestion hasardeuse des équipements et des infrastructures.
Dans le cas des élus locaux, la période est celle des préparatifs des élections du 27 novembre prochain qui verront probablement de nombreux parmi eux prétendre à un second mandat à la tête d’une APC dont le bilan n’incite pourtant à aucune action du genre. Et si les pluies d’hier ont noyé de nombreux espaces publics, ils ont aussi fait remonter en surface le bricolage qu’affectionne cette catégorie d’élus dans l’exécution de leur mission au service de la collectivité.
Un bricolage qui transforme souvent une pluie bénie en malédiction. Que raconteront donc aux électeurs les candidats aux toutes prochaines locales ? n