La Direction des ressources en eau de Annaba a organisé, dans la matinée de jeudi, une réunion extraordinaire avec l’ensemble des directions de l’exécutif de Annaba afin de coordonner  les efforts de lutte contre les risques d’inondations au niveau de la wilaya.

Certains promoteurs immobiliers de Annaba ont une part de responsabilité dans les inondations qui ont frappé la wilaya ces derniers jours. «à Bouhdid, par exemple, le terrassement d’une assiette de terrain devant servir à la réalisation d’une promotion immobilière, située sur le lit mineur de l’oued Bouhdid, a provoqué la sortie de l’oued de son chemin naturel. Ce qui a provoqué les inondations au niveau de la cité 5-Juillet», révèlent les services de la Direction des ressources en eau de la wilaya de Annaba. «Ce promoteur n’est pas le seul responsable, puisqu’un grand nombre d’entre eux laissent leurs débris et décombres non loin des chantiers, sans prendre la peine de les évacuer ailleurs. Ces matériaux se retrouvent, après la chute des pluies, emportés par les cours d’eau et finissent par obstruer les voies d’évacuation des eaux pluviales. Ce qui augmente les risques et l’intensité des inondations», ont laissé entendre différents spécialistes qui ont pris la parole. Au cours de cette réunion, le Directeur des ressources en eau, Aït Mansour Abdennour, a donné des explications sur le phénomène qui a touché Annaba. Il s’agit selon les explications fournies, d’une accumulation de plusieurs facteurs naturels qui ont conduit à la catastrophe vécue par la wilaya et qui s’est soldée par la mort de quatre personnes en plus de nombreux dégâts matériels estimés à plus d’une centaine de milliards. «Les inondations de Annaba ont été causées par une pluie exceptionnelle. Le BMS annonçait 40 mm de pluie, on a reçu 140 mm, ce qui correspond à environ 51 jours de pluie», ont expliqué les services de M. Aït Mansour. Ajoutant que tous les cours d’eau à Annaba se jettent dans la mer. Un vent puissant a entraîné la houle avec des vagues atteignant les 7 mètres de hauteur, ce qui a empêché les écoulements des cours d’eau. Il y a eu la crue des oueds qui ont fini par sortir de leur lit entraînant les inondations.
Les services des ressources en eau travaillent en étroite collaboration avec plusieurs acteurs, afin de minimiser les risques. «Il est connu de tout le monde que le risque zéro inondation n’existe pas. C’est pour cela que la vigilance et les systèmes d’alerte sont, en plus de la prévention et l’éradication des points noirs, les principaux moyens pour éviter ces phénomènes», a affirmé l’un des professeurs du département de l’hydraulique de l’université de Annaba, dont les recherches portent sur les inondations à Annaba et la mise en place de techniques modernes pour les prévenir et les éviter.
Ce dernier a, par ailleurs, rappelé qu’il s’agissait des inondations les plus désastreuses de l’histoire de cette wilaya. De leur côté, les responsables de l’Office national de l’assainissement (ONA) ont indiqué que les points noirs connus de la ville, dont font partie Zaâfrania, la plage de Rizi Amor et le quartier de la Colonne, n’ont connu aucun problème d’inondation alors qu’ils étaient les plus susceptibles d’être submergés par les eaux. Ces trois endroits sont situés à plus de 2 mètres au-dessous du niveau de la mer. Les stations de pompage de l’Elysa et de Rizi Amor ont pu évacuer des quantités impressionnantes d’eau pour éviter la catastrophe au niveau de ces quartiers. Ces deux pompes ont évacué plus de 47 millions de litres par heure et ce, pendant 12 heures de suite. Les services de l’ONA affirment, par ailleurs, que plus de
1,2 milliard de litres d’eau ont été évacués grâce à la mobilisation des moyens humains et matériels des offices de 9 wilayas de l’Est, qui ont été envoyés en renfort à Annaba. En outre, le représentant de l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT) a donné plus de détails sur la future réalisation d’un barrage écrêteur de Bouhdid. Ce dernier aura une capacité 700 000 m3 et pourra réguler le débit des crues pour le ramener à 10 m3. La réalisation a été confiée à l’entreprise nationale Générale des travaux de l’hydraulique (GTH) et dont les travaux débuteront, au plus tard, dans deux mois. n