Reçu par le président Tebboune, le 11 mai, l’ancien ministre Abdelaziz Rahabi s’est exprimé, une nouvelle fois, sur l’initiative de «rassemblement», plaidant pour des mesures d’apaisement de nature à réunir «les conditions» de réussite de l’offre de dialogue.

PAR NAZIM B.
«Tous les pays se construisent autour de cette base avec l’individu au centre de l’intérêt», a affirmé Rahabi, qui a expliqué les réactions de rejet par des formations politiques à l’offre de Tebboune par «l’absence de confiance chez la classe politique principalement les formations de l’opposition».
Il a rappelé, dans ce sens, les propositions de dialogue et de concertation lancées par l’opposition, «toutes refusées» par le pouvoir sous la présidence du défunt Abdelaziz Bouteflika, considérant que «le pouvoir emprisonne encore des gens, ferme l’espace médiatique et bloque l’activité des partis… Toutes ces conditions ne favorisent pas le dialogue».
L’ancien ambassadeur a emboîté dans ce chapitre le pas à toutes les voix de l’opposition qui réclament des mesures d’apaisement, précisant que «pour amorcer le dialogue, le pouvoir doit d’abord engager des mesures d’apaisement pour prouver sa bonne foi». Relevant que «cela se traduit par des mesures quotidiennes, dans le discours politique, dans la façon de traiter les médias», l’ancien ambassadeur d’Algérie à Madrid estime qu’il «est du devoir du Président de prendre l’initiative et il est du droit de tout un chacun d’y participer ou pas». M. Rehabi a déploré par ailleurs «la fermeture des espaces d’expression dans les médias publics» et apporté sa précision sur la question des «détenus d’opinion politique», expliquant qu’il défend «ceux qui ont été incarcérés pour leurs opinions politiques et non pas pour des problèmes de diffamation ou d’insultes à l’égard des responsables ou tout simplement de citoyens algériens».
Sur la question de la corruption, M. Rahabi a estimé que la lutte contre ce fléau doit être «la politique de l’Etat», regrettant que pendant les 20 dernières années «l’Etat a créé la corruption» qui se manifeste par l’emprisonnement des hommes d’affaires et oligarques qui se sont servis de leurs «amitiés» et proximité avec de hauts responsables de l’Etat.
En ce qui concerne l’option économique, Abdelaziz Rahabi a plaidé pour «un consensus national» dans les choix qui émaneraient d’un large débat des institutions et des acteurs concernés. A ce propos, il s’est appuyé sur le projet de révision des subventions publiques, considérant que «le dialogue doit nécessairement être ouvert sur cette question qualifiée de stratégique et qui coûte au Trésor algérien entre 12 et 17 milliards de dollars par an».
Pour le diplomate, la politique de redistribution des richesses ne peut réussir sans un pacte national et un consensus entre partis, syndicats et Etat».
Toujours dans les dépenses de l’Etat, M. Rahabi trouve «insensé» qu’en Algérie 50% du budget de l’enseignement supérieur soit orienté vers la restauration, le transport et la résidence faisant de l’aspect académique, le parent pauvre du secteur, alors que c’est plutôt le contraire qui se fait ailleurs avec «70% du budget consacré à l’Université qui vont vers le volet académique», fait-il observer. n