L’alliance des partis politiques, associations et organisations syndicales, réunie dans le cadre de ce qui est appelé «les Forces nationales pour la réforme», n’a pas jugé nécessaire de donner une consigne commune lors de l’échéance référendaire du 1er novembre prochain, préférant laisser chacune des entités qui la compose décider séparément.

Si des indiscrétions au sein de ce conglomérat de formations politiques hétéroclites font état d’une tendance à l’approbation du projet de révision constitutionnelle en votant «oui», cette option n’a pas pu être élevée au rang d’une résolution compte tenu de certains points de divergence au sein du groupe.
Des divergences sont déjà apparues lors de la réunion du 18 septembre, laissée ouverte justement en raison des difficultés à aplanir certains malentendus. D’où, vraisemblablement, la précaution plus que jamais privilégiée d’éviter une position commune, qui pourrait être source de dissension dans une alliance fraîchement structurée sous le slogan «ensemble pour des réformes du changement».
Dans la déclaration sanctionnant la réunion de cette alliance, où siègent notamment le mouvement El Bina d’Abdelkader Bengrina, le Front El Moustakbal d’Abdelaziz Belaïd – deux anciens candidats à la présidence de la République lors de l’élection du 12 décembre 2019 -, Fajr El Jadid de Tahar Benbaïbèche, «les Forces nationale pour la réforme» n’ont pas manqué de saluer la démarche de la révision constitutionnelle en ce qu’elle constitue «un retour à la souveraineté populaire». Les membres de l’initiative disent avoir accueilli favorablement les changements apportés dans la mouture de la révision constitutionnelle, tel que souhaité par les «Forces nationales pour la réforme» dans certains points.
Ils appellent, cependant, le pouvoir politique à corriger dans les futures lois qui naîtront après l’approbation de la Constitution, des «points équivoques qui ont fait l’objet de réserves et autres appréhensions exprimées par l’ensemble des partis politiques.
Les partisans de cette initiative font-ils une lecture du texte de la loi fondamentale similaire à celle de Makri et Djaballah, qui la rejettent pour des considérations idéologiques ? La sanctuarisation de la langue amazighe dans la future Constitution n’agrée-t-elle pas certains membres de l’initiative, connus pour leur animosité à l’égard de cette langue ? Autant d’interrogations que peut susciter la position de cette alliance sur le projet référendaire.
Il faut rappeler que les membres de ce collectif ont été reçus à la mi-août par le premier magistrat du pays à qui ils ont remis un document contenant des propositions traitant plusieurs volets. Il s’agit d’une initiative nationale «rassemblant toutes les forces honnêtes de la Nation et dont les mains ne sont pas entachées de corruption ou de vol de deniers publics. Sa mission est d’œuvrer à la continuité de l’Etat algérien, à préserver la souveraineté nationale et à rester fidèle à la déclaration du 1er Novembre», a-t-on indiqué au lancement de l’initiative.
«La situation aujourd’hui nécessite de l’action et de ranimer la classe politique suite à une stagnation qui a plus que duré. Et l’initiative d’aujourd’hui vise justement à faire sortir la classe politique de cet immobilisme», a-t-on déclaré lors de la même rencontre. Le président du Front El Moustakbal a estimé, à l’occasion, que «ne pas adhérer à cette initiative signifie laisser le champ libre à des forces qui n’ont aucun lien avec la politique», appelant à «privilégier l’intérêt du pays au-dessus de toute autre considération partisane».