Par Selma Allane
Le bureau de l’Association des parents de victimes et des blessés du 5 octobre 88 (AVO 88) s’est réuni en fin de journée du lundi 16 en son siège du stade scolaire à Béjaïa. A l’ordre du jour de sa réunion, la réflexion et la conduite à tenir à propos de la «main tendue» par le chef de l’Etat et son initiative de «rassembler» l’ensemble des forces vives du pays. Dans son communiqué publié hier en fin d’après-midi, le bureau de l’AVO 88 considère que «sans la reconnaissance du soulèvement populaire du 5 octobre 88 et l’intégration des victimes dans le cadre de la tragédie nationale, cette main tendue ne serait qu’une opération de communication politique». Rappelant les démarches entreprises depuis 34 ans auprès de «18 gouvernements» et «5 chefs d’Etat», le bureau affirme ne pas comprendre comment les victimes de la tragédie d’octobre soient encore considérées en tant qu’«accidentés du travail». La main tendue par le président Tebboune passe par une «réparation morale» et une «prise en charge adéquate des victimes», indique le bureau de l’association dans son communiqué. Dans ses propositions, il préconise la création d’une «commission Histoire, Vérité et justice» pour régler «tous les contentieux historiques, apaiser les mémoires, installer une sérénité et un débat libre, transparent et objectif» sur ce qui s’est passé en octobre 1988. Il s’agit, explique le bureau de l’association, d’apaiser les «stigmates» que les victimes de la tragédie «portent» dans leurs «mémoires» et leurs «chairs». L’AVO 88 appelle également à l’«ouverture du champ politique et médiatique», à une «justice libre, indépendante qui ne sera rendue qu’au nom du peuple». Outre la nécessité d’une «orthodoxie économique qui mettrait fin à l’informel», elle recommande «l’arrêt des atteintes aux libertés individuelles et collectives et la libération de tous les détenus poursuivis pour leurs opinions».