Le Président déchu Abdelaziz Bouteflika, décédé vendredi dernier à l’âge de 84 ans à la résidence d’Etat de Zéralda, où il résidait, a été inhumé hier au carré des martyrs du cimetière d’El Alia, Alger, avec tous les honneurs qui lui reviennent. La dépouille est arrivée, en effet, accompagnée d’un important cortège d’officiels et de membres proches de la famille. Ce n’était pas les seuls présents à la cérémonie. Sur le terrain vague qui fait face à l’entrée principale du cimetière une centaine de personnes, hommes et femmes, s’était regroupée, entourée d’un cordon de policiers, lesquels à l’arrivée du cortège funéraire n’ont pas hésité à applaudir en lançant « Allah ou akbar », tandis que du côté de la gent féminine fusaient inlassablement des youyous. Tout cela « en signe de recueillement à la personne de feu Abdelaziz Bouteflika », lâche un quinquagénaire approché par Reporters, présent sur les lieux. Notre interlocuteur n’a en outre pas caché son indignation sur le faible nombre de personnes venues assister à la cérémonie d’enterrement quand bien même de façon éloignée. Abondant dans ce sens, il lancera : « Il aurait fallu la présence d’au moins cinq mille personnes en reconnaissance à tout qu’a fait pour le pays le moudjahid de la première heure, ce haut commis de l’Etat et cet ancien président de la République qu’a été Abdelaziz Bouteflika ». Une femme, la soixantaine, les larmes aux yeux ne s’est pas empêchée de faire l’éloge « d’un homme politique qui a grandement marqué l’histoire post indépendante du pays ». Cette dernière considère qu’« il serait ingrat de ne pas reconnaître tout son dévouement pour que le pays intègre le giron des nations en voie d’émancipation ». Plus loin, un autre d’un âge avancé nous a révélé « malgré la chaleur et mon état de santé en déclin, j’ai tenu à être présent aux funérailles en signe de reconnaissance à tout ce qu’a consacré au pays Abdelaziz Bouteflika ». Abondant dans ce sens, une dame, un bouquet de fleurs à la main, nous confie : « Le mérite de feu Bouteflika c’est d’avoir réussi à sortir le pays du climat d’insécurité dans lequel il s’est retrouvé plongé pendant toute une décennie. » D’autres se rejoignent à dire que feu Bouteflika a insufflé tout au long de son passage à la tête du pays avant qu’il ne tombe gravement malade une nouvelle dynamique dans les affaires du pays et aussi de relancer le volet socio-économique après des années de gel. Rappelons enfin que la cérémonie d’enterrement a été marquée par la présence de président de la République Abdelmadjid Tebboune, les présidents des deux chambres, des membres de gouvernement ainsi que les hauts responsables de l’Etat et de l’Armée populaire nationale et, enfin, les membres de la famille de défunt. C’est le ministre des Moudjahidine et ayants droit, Laïd Rebiga, qui a prononcé, à cette occasion, l’oraison funèbre avant la mise en terre de la dépouille.