Par Bouzid Chalabi
Depuis quelque temps, de nombreux ports commerciaux du pays et non des moindres enregistrent un taux de saturation élevé en termes de conteneurs en souffrance sur les aires de réception. Face à cette situation qui n’est pas sans coûter de l’argent au pays, notamment en frais de surestaries redevables aux armateurs, une ébauche de solutions a été retenue.
C’est lors d’une réunion présidée par le ministre des Transports Issa Bakai en présence de toutes les parties concernées. A cette occasion, selon un communiqué du ministère rendu public hier, le ministre a convié les responsables des enceintes portuaires d’adopter en «urgence» une stratégie logistique qui puisse mettre fin à la problématique de l’engorgement. Selon Bekkai, elle doit consister en la mise en place de l’interconnexion, l’interopérabilité et l’intégration des différents transports, maritime, ferroviaire et routier. Le ministre a en outre indiqué à ses vis-à-vis l’intérêt d’adopter de nouvelles règles logistiques «à l’effet d’accélérer l’activité du fret qui, par voie de conséquence, évitera l’hémorragie des devises fortes à l’étranger», a-t-il expliqué.
Pour leur part, les directeurs généraux du port ont fait des présentations sur l’état des installations et équipements dont ils disposent pour exercer et leurs capacités de traitement. Comme ces derniers ont porté à la connaissance du ministre le bilan de leurs activités correspondant à l’année 2020. Non sans aborder les perspectives de développement et d’expansion des ports dont ils sont responsables et soulevant en outre les projets de connexion de leur port avec le réseau routier et ferroviaire national. Toujours d’après la même source, certains responsables ont rapporté au ministre les obstacles auxquelles ils font face et qui, selon eux, freinent considérablement les travaux impératifs à mener pour aspirer à une meilleure rentabilité des activités, entre autres, les capacités de traitement et les opérations de dragage afin d’augmenter leur profondeur pour recevoir des gros navires. Toujours dans ce même ordre d’idées, on lit enfin que le directeur général du Complexe des services portuaires (Serport) préconise d’accélérer l’achèvement des postes d’amarrage de conteneurs et de réguler leur mobilité à l’intérieur.
Soulignons toutefois, que pour des sources concordantes, la problématique de l’engorgement des ports est dû essentiellement à la décision en avril dernier de fermer les ports secs. C’est d’ailleurs ce que soutient avec fermeté Djelloul Aouidette, de l’Union nationale des transitaires et commissionnaires en douane agréés algériens. Ce dernier, qui se prononçait sur le sujet lors d’une sortie médiatique en avril dernier, avait déclaré que «la fermeture des ports secs s’est manifestement faite sans étude d’impact ni anticipation des conséquences. Et du coup, cette décision allait engendrer des retards conséquents dans les opérations de réception, de traitement et de dédouanement quand bien même les services de douanes ont renforcé leur personnel et travaillent même le samedi, cela est resté insuffisant face au flux élevé des marchandises». Signalant également «la charge de travail supplémentaire imposée aux transitaires et douaniers chargés de visiter les conteneurs. Ce qui entraîne des temps de traitements plus longs, alors qu’ils ne devraient pas prendre plus de 24 heures. Et avec donc une telle lenteur de traitement, les gestionnaires des ports, notamment ceux du port d’Alger, se sont vite retrouvés face à des situations de saturation à hauteur de 100%. Et de confier enfin : «Les gestionnaires se retrouvant dans l’incapacité de libérer les quais dans les délais, les navires à l’arrivée se mettent en rade jusqu’à ce qu’on les autorise à accoster. A cet effet, les opérateurs se retrouvent confrontés à des charges supplémentaires, à savoir s’acquitter de la surestarie.» n