Par Selma Allane
Les endroits destinés à abriter les bases-vie du personnel de construction du grand port d’El Hamdania près de Cherchell seront ouverts sur trois sites. Ces périmètres ont été visités jeudi dernier par la wali de Tipasa, Labiba Ouinaz, et le Directeur général de l’Agence nationale de réalisation du projet, Ammar Grine. Cette visite fait suite à l’annonce, en début d’année, de la cheffe de l’exécutif local selon laquelle les préparatifs sur le chantier vont bon train et que les premiers travaux commencent en avril prochain.
Sur place, Mme Ouinaz a indiqué que les mesures d’évacuation des personnes qui occupaient ces sites sont en phase finale. Deux cent cinquante familles seront «relogées dans le cadre du programme de logements publics», a-t-elle déclaré, tandis que se poursuit l’«expropriation et l’indemnisation des propriétaires terriens».
Selon les indications fournies sur place, la réalisation de la zone logistique et industrielle, nécessaire au futur grand port, a mobilisé un montant de 6,281 milliards de dinars et la réquisition d’une assiette foncière de 2 600 hectares. L’impact écologique et culturel dans cette partie de la région de Tipasa, riche en patrimoine végétal et forestier et dont le sous-sol cache encore des vestiges archéologiques de son passé militaire, est très peu évoqué, voire négligé.
La raison ? L’importance économique et industrielle de ce futur grand port au sujet duquel il est prévu la création de 150 000 emplois directs et indirects, sa connexion avec le réseau ferré et l’autoroute Est-Ouest à partir d’une ligne de chemin de fer reliant Cherchell à El Affroun, dans la wilaya limitrophe de Blida. La sélection du site s’est également faite à partir de caractéristiques techniques de facilitation des travaux et de la fonctionnalité de la future infrastructure, telle le tirant d’eau de 20 mètres et une baie comme protection naturelle.
La future méga structure devrait être opérationnelle dans un délai de sept ans. Elle sera exploitée par le chinois Shanghai Ports et comptera 23 terminaux d’une capacité de traitement de près de 6,5 millions de containers/an, avec 25,7 millions de tonnes/an de marchandises. Elle sera également l’une des escales de la fameuse nouvelle Route de la soie (Belt and Road initiative), voulue par la Chine dans le cadre de ses grandes ambitions concernant le commerce mondial. L’ensemble du projet sera financé par un prêt à long terme du Fonds national d’investissement (FNI) et un crédit de la banque chinoise Exim-Bank of China.
Le 26 février dernier, le chef de l’Etat avait instruit le Conseil des ministres de «prendre toutes les dispositions nécessaires» au lancement des travaux de réalisation du port. Il a fixé un «délai de deux mois, au maximum» pour le lancement effectif des opérations.