Les mesures de confinement restreintes instaurées par l’Etat sont entrées en vigueur, installant le pays dans une situation à la limite du surréalisme. Les Algériens devraient se conformer à une réalité inédite qu’aucune génération n’aura vécue. La situation sanitaire étant exceptionnelle les médias ne sauraient substituer leur responsabilité première, celle d’informer le citoyen et ne pas susciter davantage d’angoisse que ne l’impose déjà l’actuel impératif. « Nous ne combattons pas seulement une épidémie, nous luttons aussi contre une infodémie », reconnaîssait ainsi le directeur général de l’OMS au début de la crise sanitaire mondiale, signalant de fait que lutter contre la désinformation faisait partie intégrante des mesures sanitaires envisagées par l’organisation. Il est indéniablement question du traitement médiatique dans ce type de situation, assimilable aux conditions de guerre. Les télévisions publiques et privées, dont le rôle de premier plan devient de fait d’une extrême importance, sont directement concernées. C’est le média (avec Internet) qui devrait « occuper » les Algériens dans leur confinement. Succomber à la désinformation et la recherche systématique du buzz, en ces temps d’appréhension, est tout simplement irresponsable. Viendra le temps de situer la responsabilité du pouvoir politique d’avoir laissé ces médias, inlassablement amateurs, dans une situation de délabrement qualitative. Pour l’heure, il est navrant de constater, en ces temps de grandes inquiétudes et d’angoisses d’un avenir toujours incertain, que les télévisions proposent des programmes infantilisants et à la limite de l’abrutissement. Un coup d’œil sur les télévisions espagnoles, italiennes et françaises, dans une situation sanitaire plus complexe, qui font un travail professionnel à la mesure du dramatique évènement. Il ne s’agit nullement de faire dans la comparaison gratuite, mais il faudrait bien, comme le voudrait le bon sens, s’en inspirer. La crise du coronavirus devra inéluctablement marquer le temps que nous vivons et ses conséquences futures devraient être nombreuses. « Ce qui ne tue pas rend plus fort », dit le fameux adage. Faisons en sorte de passer l’épreuve en devenant meilleur qu’avant.