Par Feriel Nourine
Dans cette conjoncture où la guerre en Ukraine est en train de retracer la carte géopolitique mondiale et d’exporter son impact socio-économique à l’ensemble de la planète, le rapport de la Banque mondial n’arrive pas pour augurer de lendemains meilleurs.
Bien au contraire, les prévisions de la BM tracent un itinéraire hautement risqué qu’est appelée à emprunter une grande partie de la population mondiale, sous l’effet des dysfonctionnements et des perturbations que subissent les échanges commerciaux internationaux et qui ne seraient pas prêts à prendre fin rapidement.
Le choc des prix provoqué par ces deux facteurs risque encore de durer pour au moins les deux années à venir, alerte l’institution de Bretton Woods, faisant trembler en premier lieu les pays gros importateurs de produits alimentaires et d’hydrocarbures.
Alors que l’économie mondiale tente de rebondir et de repartir vers la croissance après plus de deux années de coronavirus qui l’a mise à plat, voici qu’elle voit s’installer une inflation à portée pandémique qui affecte plusieurs régions et de très nombreux pays dans le monde, avec chacun ses prédispositions à y faire face.
Dans un pays comme l’Algérie, où la cherté de la vie est devenue depuis longtemps l’ennemi public number one, l’Etat promet de continuer à soutenir le citoyen en renforçant son pouvoir d’achat par le voie de mesures de soutien, dont le rehaussement des salaires, de l’allocation chômage ou encore la subvention des produits de première nécessité.
Faut-il souligner que pendant ce temps, des corporations entières n’ont plus vu leur salaire évoluer positivement depuis des années, alors que d’autres corporations se sont résignées à accepter de fortes révisions à la baisse de leur fiche de paie pour pouvoir maintenir en vie les entreprises qui les emploient.
Mais que peuvent réellement apporter des augmentations de salaires à un pouvoir d’achat qui n’a plus de pouvoir que son appellation ? Sans doute pas plus que la sensation d’avoir gagné quelques modiques sommes supplémentaires qu’il faudra vite passer rembourser à la caisse de l’inflation.