L’Institut national des études stratégiques globales a un nouveau chef. L’ancien général Medjahed vient de la Présidence où il a officié pendant un court moment en tant que conseiller aux affaires de défense et de sécurité auprès du chef de l’Etat. Sa mission : restaurer une «maison» qui s’est fermée pendant de longues années pour des raisons politiques et techniques à sa mission de prospective et de produire une vision stratégique pour l’Algérie de demain.

Inscrit, depuis plusieurs années, dans la léthargie et le recul de son rôle, théoriquement central, consistant à fournir une sorte de veille stratégique devant orienter et aider la décision politique, l’Institut national d’études de stratégie globale (INESG) compte, depuis ce week-end, un nouveau maître en la personne du général à la retraite Abdelaziz Medjahed, investi manifestement de la mission de remettre cet organe sur rail et l’extirper de son long sommeil.
La cérémonie d’installation de M. Medjahed dans ses nouvelles fonctions a été présidée, jeudi, par le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, en présence du ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Kamel Beldjoud, du ministre des Finances, Aymene Benabderrahmane, du ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, Ammar Belhimer, et du Secrétaire général du ministère de la Défense nationale. La cérémonie a vu également la présence du président du Conseil national économique et social (Cnes), Redha Tirn ainsi que du Directeur général de l’Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement, Chafik Mesbah.
M. Djerad a affirmé, lors de cette cérémonie, que la désignation d’un nouveau Directeur général pour cet Institut illustre «l’intérêt particulier» qu’accorde le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à cette «importante institution» et traduit également la «forte volonté d’insuffler une nouvelle dynamique dans le domaine des études de stratégie globale en tant que socle pour la concrétisation des engagements des objectifs tracés pour l’édification d’une Algérie nouvelle».
Il s’agit, notamment, selon M. Djerad, d’insuffler une «nouvelle dynamique dans le domaine des études de stratégie globale, en tant que socle pour la concrétisation des engagements et objectifs tracés pour l’édification de l’Algérie nouvelle, notamment en matière de réforme de la gouvernance de l’Etat et ses institutions, à même de permettre à l’Algérie de recouvrer la place qui lui sied dans les fora internationaux».
Pour le Premier ministre, cet «objectif suprême ne saurait être atteint qu’à travers la mobilisation des compétences nationales pour asseoir les fondements solides d’une politique extérieure dynamique et proactive et d’une diplomatie offensive, et assurer la protection des intérêts du pays, outre le renforcement de la sécurité et de la défense nationales».
S’agissant du choix du désormais nouveau patron de l’INESG, M. Djerad a souligné que «le choix de Abdelaziz Medjahed, un des meilleurs cadres du pays, dénote la forte détermination à réaliser ces objectifs, en ce sens qu’il mettra à profit sa haute compétence et sa grande expérience acquises tout au long de sa carrière riche et des postes de responsabilité militaires et civiles qu’il a eu à assumer». Il a noté, à ce propos, que «les Nations qui ont su faire face aux dangers internes et externes qui les guettaient, s’étaient armées d’une vision stratégique et prospective», estimant que «les crises successives multidimensionnelles auxquelles le pays a été confronté ces dernières années sont un indicateur de l’impérative reconsidération de cet aspect lors de l’élaboration des politiques nationales, aux plans interne et externe».
C’est la raison pour laquelle, a poursuivi M. Djerad, il est «impératif de réhabiliter et de redynamiser le rôle pionnier de l’INESG en tant qu’outil d’aide à la prise de grandes décisions à travers l’élaboration d’analyses et d’études futures à mettre à la disposition des hautes autorités du pays concernant les différentes questions stratégiques de la vie nationale et internationale, à même d’expliquer les facteurs et les relations qui jouent un rôle décisif dans les domaines politique, économique, social et culturel».
L’INESG «est appelé aujourd’hui à effectuer des études futures, des analyses et des recherches approfondies permettant de s’enquérir des développements accélérés de la société dans un cadre global tenant compte des mutations internes et internationales», a soutenu le Premier ministre, pour qui les actions prospectives «devront permettre aux institutions de l’Etat d’élaborer et d’adapter leurs politiques au service du citoyen, en adéquation avec ses aspirations et en faveur de l’intérêt général».
Il s’agit là également «d’élaborer des politiques de développement dans tous les domaines sur des bases solides fondées sur l’approche, les connaissances scientifiques, l’exploitation optimale des technologies, l’investissement et la valorisation des hautes compétences que recèle notre pays tant à l’intérieur qu’à l’extérieur».
Indiquant que le développement en Algérie «ne saurait être réalisé indépendamment des mutations internationales», le Premier ministre a réaffirmé que l’Institut «doit redynamiser son rôle dans l’analyse des stratégies des différents partenaires actuels et futurs de notre pays et leur impact sur le développement et la sécurité nationale à même de préserver les intérêts nationaux».
M. Djerad s’est engagé, à cet effet, que le nouveau Directeur général de l’INESG «aura tout le soutien et l’aide nécessaires pour relever les défis importants qui l’attendent», une promesse qui sonne comme une intention à œuvrer à redorer le blason de cet institut.
Pour sa part, M. Medjahed a estimé, par la même occasion, que son installation dans ce poste de responsabilité dénote «une réelle volonté de changement à même de permettre à l’Algérie d’occuper la place qui lui sied dans les fora internationaux».