L’Office national des statistiques, indique l’APS hier, a mené une enquête auprès de plusieurs entreprises industrielles des secteurs public et privé. L’enquête de l’ONS a été effectuée durant le 3e trimestre de l’année 2017 et ses résultats concernent cette période de l’année écoulée précisément.

C’est d’ailleurs la seule précision fournie par la source d’information concernant cette investigation. Pour le reste on ignore le nombre d’entreprises « enquêtées » et dans quelles conditions elles ont été approchées pour les besoins de l’enquête. Les indications qui en résultent fournissent néanmoins une photographie intéressante des réalités auxquelles sont confrontées les entreprises observées par l’Office entre juin et septembre 2017. Elles montrent les forces et les faiblesses de ces entités industrielles, des PME probablement, ainsi que le contexte général souvent contraignant dans lequel elles évoluent toutes. Que dit cette enquête de l’ONS, selon l’APS ? Que la majorité des entreprises industrielles du secteur public a utilisé à plus de 75% leurs capacités de production. Que l’activité industrielle du secteur public a, en outre, enregistré une hausse, notamment dans les matériaux de construction, les textiles, les cuirs et les bois. Le niveau d’approvisionnement de ces entreprises en matières premières a toutefois été inférieur à la demande exprimée pour plus de 23%, « essentiellement ceux des industries de sidérurgie, mécanique, électrique et électronique (ISMMEE), de l’agro-alimentaire et des textiles ». Cette faiblesse a engendré des ruptures de stocks à plus de 25% de ces entreprises. La même source fait observer que « près de 45% des enquêtés du secteur public et près de 24% de ceux du privé ont connu des pannes d’électricité, conduisant à des arrêts de travail inférieurs à 12 jours pour l’ensemble des concernés». Fait intéressant à relever, la demande pour les produits fabriqués a enregistré une hausse, selon l’opinion des chefs d’entreprises du secteur public, « essentiellement pour les ISMMEE et les matériaux de construction, et une baisse selon ceux du privé particulièrement dans l’agro-alimentaire ». Près de 73% des enquêtés du secteur public et plus de 33% de ceux du privé ont satisfait toutes les commandes reçues. Néanmoins, il a subsisté des stocks de produits fabriqués pour la majorité des concernés du secteur public et pour plus de 40% de ceux du privé.

Baisse des effectifs notamment dans le secteur privé
En ce qui concerne la ressource humaine, les effectifs employés ont connu une baisse, selon les chefs d’entreprises enquêtés. La baisse est plus prononcée, selon ceux du secteur privé. Plus de 87% des concernés du secteur public et 34% de ceux du secteur privé jugent le niveau de qualification du personnel « suffisant » tandis que près de 13% des enquêtés du secteur public et plus de 39% de ceux du privé déclarent avoir trouvé des difficultés à recruter. Près de 92% des chefs d’entreprises publiques et près de 75% de ceux du secteur privé ont déclaré n’avoir pu produire davantage en embauchant du personnel supplémentaire. Au plan financier, près de 46% des chefs d’entreprises du secteur public ont jugé « bon » l’état de la trésorerie alors qu’il reste « normal » pour près de 29% de ceux du privé. Plus de 20% des chefs d’entreprises du secteur public et la plupart de ceux du privé ont recouru à des crédits bancaires. Près de 70% des premiers et près de 31% des seconds n’ont pas trouvé de difficultés à les contracter. Par ailleurs, en raison de la vétusté et des problèmes de maintenance des équipements, près de 62% du potentiel de production du secteur public enquêté et près de 21% de celui du privé ont connu des pannes, engendrant des arrêts de travail inférieurs à 6 jours pour plus de la moitié des concernés du secteur public.