Jadis joyau de l’industrie lourde nationale, le complexe Sider d’El Hadjar traverse depuis quelques années des moments plus que difficiles. Sur fond d’un plan de développement, qui s’est vite avéré impossible à accomplir, les problèmes s’accumulent et les espoirs d’un retour à la normale se consument dans un climat de forte tension que maintiennent en l’état plusieurs raisons, entre la série de restructurations bâclées, l’arrêt des fourneaux qui se renouvelle régulièrement, la colère des travailleurs sous la houlette de leur syndicat ou encore une situation financière très fragile.
Ce qui ne semble pas pour autant décourager les pouvoirs publics dans leur objectif de réhabiliter ce complexe et de le nantir des moyens à la dimension de ses véritables capacités de production. Une réhabilitation qui toucherait, en premier lieu, l’aspect technologique et les installations de production, répète-t-on ces derniers mois au niveau des commandes de l’entreprise mère, en l’occurrence le Groupe des industries métallurgiques et sidérurgiques-Algérie (Imetal).
La volonté de relancer le complexe a été de nouveau manifestée, lundi, par le ministre de l’Industrie et des Mines, Ferhat Aït Ali Braham. Laquelle relance reposerait sur une stratégie « d’industrie industrialisante », a souligné M. Aït Ali lors d’une conférence de presse animée en marge d’une visite qu’il a effectuée dans ce lieu qui « demeure un symbole de l’industrie lourde algérienne », a-t-il souligné. Comprendre que la prise en charge du dossier El Hadjar doit être comptabilisée comme premier pas dans « l’édification de l’indépendance économique du pays, qui a besoin aujourd’hui de retrouver sa place et se transformer en industrie industrialisante qui soit la locomotive d’activités et d’investissements économiques à valeur ajoutée », a expliqué le ministre.
Mais pareille orientation « n’est possible que par le recours aux matières premières, matériaux et équipements industrialisés localement », a tenu à préciser le premier responsable du secteur. Référence visiblement faite à la pénurie chronique en matière première qui impose l’arrêt tout aussi chronique des fourneaux du site, notamment le Fourneau2, considéré comme le poumon de la chaîne de production du complexe.
M. Aït Ali se montre toutefois rassurant en affirmant que « les gigantesques » ressources financières injectées comme investissements pour la croissance et la réhabilitation sont « aptes à permettre l’édification des bases industrielles industrialisantes garantissant la pérennité de l’activité et de l’efficience économique ». Ceci d’autant que ce haut lieu de l’industrie qu’il a visité « possède les potentialités minières, les installations industrielles et les ressources humaines lui permettant d’atteindre l’indépendance industrielle et de bâtir une base industrielle performante en sidérurgie », a-t-il fait remarquer.
Pour rappel, Sider El Hadjar a bénéficié d’un plan de croissance et de réhabilitation, dont la première phase, a porté sur la rénovation du Haut-fourneau n° 2. La seconde a démarré en 2018 avec le but de porter la capacité de production à 1,1 million de tonnes d’acier par la création d’une cokerie afin d’assurer l’autonomie du complexe en consommation de coke et réduire la facture d’importation.
Le complexe s’oriente également vers la réhabilitation de ces laminoirs à chaud et à froid afin de fabriquer des produits intégrables aux industries stratégiques, à l’instar des lames et de tubes non soudés utilisés par les industries hydrocarbures, mécaniques et électroménagers.
Il y a lieu de rappeler aussi que depuis avril dernier, c’est un nouveau PDG qui se trouve aux commandes de l’EPE Sider. Il s’agit de Reda Belhadj, venu remplacer à ce poste Chemsseddine Mattallah, limogé par les membres de l’Assemblée générale qui lui ont reproché une mauvaise gestion qui a causé un déficit budgétaire de 1 400 milliards de centimes, en 2019 au complexe d’El Hadjar. Ces pertes financières ont porté un coup dur à l’équilibre financier du complexe et rendu de plus en plus difficile le paiement des salaires de quelque 4 500 employés, avait, précisé, entre autres l’AG. n