PAR NAZIM BRAHIMI
Six produits d’oncologie seront disponibles dans un à deux mois, a rassuré hier, la PDG du groupe Saidal, Fatoum Akacem, qui a fait part du choix du groupe de varier ses partenariats pour pouvoir assurer la disponibilité des médicaments.
L’annonce est de nature à rassurer les malades et leurs proches d’autant plus qu’elle intervient quelques jours seulement après l’alerte donnée par le professeur Kamel Bouzid. Ce dernier, président de la Société algérienne d’oncologie médicale (Saom) et chef de service du Centre Pierre-et-Marie-Curie, a mis en garde sur les ruptures de médicaments dont continuent de souffrir les services hospitaliers chargés du traitement des cancéreux.
La patronne de Saidal a souligné que le partenariat entre la firme publique et les sud-coréens de CKD OTTO dans le domaine de l’oncologie concerne 6 produits choisis par rapport à un besoin spécifique de la PCH. Cependant, la disponibilité de ces produits d’oncologie demeure tributaire de l’appel d’offres de la PCH au vu des traitements administrés en milieu hospitalier, a relevé la même responsable, laquelle dira que Saidal veut coïncider leur sortie avec la publication de cet l’appel d’offres qui devrait intervenir dans un mois ou deux.
Elle a abordé aussi la production du Levothyrox, en déclarant que Sanofi, un des partenaires du groupe algérien, «veut consacrer une usine existant dans le cadre d’une joint-venture entre les deux parties, exclusivement à la production du Levothyrox, en confiant son exploitation à Saidal». Mme Akacem expliquera, à ce propos, que la décision relative à cette proposition de Sanofi «sera prise au cours de cette semaine par Saidal», s’agissant du nouveau centre de recherche et développement Saidal implanté à Sidi Abdallah, elle déclare qu’il «sera fonctionnel d’ici fin 2021», précisant que les équipements sont en cours d’acquisition en attendant de passer aux qualifications. La PDG de Saidal a indiqué, par la même occasion, que le premier centre de bioéquivalence en Algérie a été accrédité la semaine dernière, soulignant que ce centre «constitue un avantage supplémentaire pour l’exportation des médicaments algériens». Ce premier centre de bioéquivalence algérien, initiative de Saidal et bénéficiant d’une accréditation, permettra de faire l’équivalence entre un produit générique et un princeps, ce qui profitera à tous les producteurs de génériques en Algérie qui pourront faire leur bioéquivalence chez Saidal, selon la responsable. Akacem a souligné, à cet égard, que l’absence de centre de bioéquivalence en Algérie représentait un frein pour l’entrée des produits Saidal sur les marchés de certains pays, estimant que Saidal étant en mesure de faire la bioéquivalence de ses produits localement représentera un avantage supplémentaire pour elle dans le domaine de l’exportation.
Elle a affirmé, dans ce sens, que l’export est «un axe stratégique très important» pour le groupe qui compte «exploiter ses nouvelles unités de production qui atteindront un régime soutenu de production à partir de 2021, ce qui implique une surproduction exportable». Mme Akacem a indiqué, concernant les destinations ciblées, que Saidal visait, dans un premier temps, les marchés africains, à l’instar du Niger, du Sénégal, de la Mauritanie et du Burkina Faso où Saidal a soumissionné et est déjà connue grâce à ses produits.

Une formation spécifique pour produire Sputnik V
La responsable a indiqué que les formations au profit des effectifs qui seront chargés de produire le vaccin russe Sputnik V débuteront prochainement, relevant «la délicatesse» du domaine de la virologie qui nécessite des formations spécifiques, tout en soulignant que tout sera fait pour relever le défi d’être prêt à la date avancée par le ministre, à savoir septembre 2021. Le vaccin contre le coronavirus sera produit dans l’usine Saidal de Constantine qui devait produire l’insuline en flacon et qui est «prête techniquement, technologiquement et en termes de qualification», a-t-elle assuré. «Il ne reste plus qu’à la mettre à niveau sur certains aspects liés à la spécificité du vaccin et les pourparlers sont engagés, dans ce sens, avec tous les fournisseurs d’équipements», selon la PDG, relevant que les contrats de confidentialité ont été signés autant que ceux de transferts de technologie. «Le partenaire russe est très attentif aux besoins de Saidal et demande à chaque fois ce qui manque au groupe algérien pour pouvoir recevoir le vaccin», a-t-elle affirmé, précisant que le vaccin Sputnik V «ne sera pas produit en ‘full process’ dès le mois de septembre prochain, mais Saidal sera en mesure de réaliser, à cette échéance, «l’étape de répartition qui est celle qui précède le conditionnement». <