Quatre décrets sont en cours de finalisation pour une nouvelle politique de l’industrie pharmaceutique, dont la propension sera de favoriser les producteurs locaux. C’est ce qu’a affirmé, hier, le ministre délégué à l’Industrie pharmaceutique durant l’émission « L’Invité de la rédaction » de la Chaîne III de la Radio nationale. Les textes en question portent notamment sur l’enregistrement des médicaments, leur homologation, les cahiers des charges relatifs à l’importation et à la production nationale, la définition de l’établissement pharmaceutique et des médicaments essentiels. L’objectif étant de développer une production nationale qui « ne soit pas l’expression d’une volonté de démonstration démagogique politique », estime le ministre, soulignant qu’il ne s’agit pas de « faire dans l’immobilier industriel ni d’additionner les unités de production, mais de répondre réellement à la demande locale ». Et la conjoncture actuelle pousse dans ce sens. Lotfi Benbahmed dira qu’un industriel spécialisé jusqu’alors dans la fabrication de bandelette de tests de glycémie est actuellement en phase de reconversion d’une partie de son activité pour la réserver à la confection de kits de test de dépistage du coronavirus. L’Algérie est décidée à développer une industrie pharmaceutique forte pour diminuer sa facture d’importation de produits de soins. Il y a lieu d’économiser dans une première phase quelque 400 000 dollars, estime le ministre. D’ailleurs, une réunion est prévue la semaine prochaine avec les producteurs de masques afin de les aider à relancer leurs appareils productifs notamment en assurant un approvisionnement régulier en matière première. « Notre objectif à court terme est d’atteindre l’autonomie en matière de masque », a indiqué Benbahmed. Le ministre délégué déplore l’existence de filières des médicaments en étant « clairement orientés » vers un but d’affaiblissement de la production nationale. Après avoir listé l’ensemble des unités de production de médicaments et leur implantation géographique, il a exprimé son « grand étonnement », de découvrir l’important nombre de dossiers « gelés ou mis en attente », pour des « intérêts inavoués », autant pour les insulines que pour les traitements utilisés en spécialité d’oncologie. Des situations insensées qui ont poussé à revoir le mécanisme. Ce sont de pareilles situations, déclare-t-il, qui ont amené à reconsidérer d’anciens décrets pour les remplacer par des textes organisant l’enregistrement, l’homologation, le contenu des cahiers de charge à l’importation. Il s’agissait de mieux définir ce qu’est « un établissement pharmaceutique » ou bien encore « un produit de soins ».

« Autonomes en insuline en 2022 »
Lotfi Bahamed annonce à cet effet le lancement d’unités de production pharmaceutiques spécialisées dans la conception de nouvelles thérapeutiques « lesquelles seront enregistrées de manière prioritaire ». Ainsi, l’action sera orientée vers la production de médicaments « essentiels à forte valeur ajoutée », à l’instar du diabète, l’oncologie et toutes les maladies chroniques, selon le ministre. Benbahmed a promis de débloquer les demandes d’enregistrement, nécessaires pour entamer la production d’un médicament en Algérie et de libérer les dossiers gelés. Il a regretté les « retards considérables » constatés dans le traitement des demandes et l’absence d’orientation pour la protection de la production nationale. « Nous estimons que l’Algérie peut être dans deux à trois ans un véritable ‘hub pharma’ de la région et du continent. Nous avons les capacités humaines, les universités, l’énergie, l’aménagement de territoire qui permettent aux pays de devenir un jeune dragon de l’industrie pharmaceutique », a-t-il estimé. Concernant les nouveaux projets, le ministre a annoncé la réalisation de deux unités de production d’insuline qui seront lancées incessamment. « D’ici 2022, nous serons totalement autonomes en insuline », prévoit le ministre. n