Par Sihem Bounabi
Après deux années marquées par de nombreuses ruptures et de perturbations des médicaments vitaux pour le traitement des cancéreux, le ministère de l’Industrie pharmaceutique rassure les malades et leur famille en affirmant que la priorité sera donnée, durant cette année, à la production locale des anticancéreux.
Le Pr Kamel Mansouri, Directeur général de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP), déclare qu’à ce jour, «dix nouveaux produits anticancéreux ont été enregistrés récemment», rappelant que 9 médicaments anticancéreux ont été produits localement en 2021.
Intervenant, hier, sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, il souligne : «Nous étions amenés à encourager l’enregistrement des produits d’oncologie médicale et à élargir la gamme afin de lever le monopole sur le marché de certains produits et de localiser un maximum de produits au niveau national.» Il précise dans ce sillage que «plus de 224 produits dédiés à l’oncologie ont été enregistrés – entre nouvel enregistrement et renouvellement – sur un ensemble de produits qui dépasse les 700 décisions d’enregistrement délivrées en 2021».
Le Pr Kamel Mansouri souligne également que le nombre de nouveaux anticancéreux issus de la biotechnologie durant l’année 2021 «a dépassé la quarantaine, dont une dizaine sont des produits innovants». Par ailleurs, interpellés sur les perturbations de la disponibilité des médicaments au plus fort de la pandémie, le Pr Kamel Mansouri explique que «les difficultés d’importation des intrants par les producteurs nationaux pendant la crise sanitaire ont perturbé la commercialisation du médicament au niveau officinal». Une situation qui a rapidement été atténuée du fait que «l’Algérie s’est servie de ses stocks constitués de matières premières».
Le directeur de l’ANPP met également en exergue le phénomène de rétention de stocks de plusieurs produits par certains grossistes qui a également contribué à de fortes perturbations sur le marché du médicament. Suite à ce constat, «grâce aux sorties effectuées par le ministre de l’Industrie pharmaceutique, instructions ont été données de libérer ces quantités dans un délai de 48 heures», souligne le Pr Kamel Mansouri. Ce dernier estime primordiale la lutte contre la spéculation sur les produits pharmaceutiques. Il déclare à ce sujet que «les instruments utilisés sont d’abord les inspections permanentes, mais aussi la mise en place de l’Observatoire des produits pharmaceutiques qui suit de manière hebdomadaire les stocks». Le directeur de l’ANPP met ainsi en relief l’importance de la plateforme numérique mise en place par le ministère de l’Industrie pharmaceutique pour le suivi de la disponibilité des stocks de médicaments, en affirmant que «si les déclarations sont faites en temps voulu, nous pourrons avoir un tableau de bord national sur l’état des stocks des médicaments et des matières premières. C’est ce qui permet de réguler le marché».
Au final, assurant encore une fois que les mécanismes mis en place actuellement œuvrent à garantir la disponibilité des médicaments, le Pr Kamel Mansouri souligne que «la production nationale du médicament arrive à couvrir entre 65 et 70% des besoins. Certains médicaments sont même produits en surplus».