L’encouragement moral et politique du Président de la République pour l’industrie pharmaceutique nationale, lors du récent Conseil des ministres, contribuera certainement à encourager les performances des entreprises nationales comme Saidal et devrait être accompagné de soutien concret sur le terrain, a confié, hier, Messaoud Belambri, président du Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo). Il a souligné à ce propos que Saidal est une entreprise nationale d’envergure internationale qui a fait ses preuves par le passé d’autant plus que c’est aussi une école de formation, mais qui hélas a été mis sur le banc de touche ces dernières années et plusieurs de ses unités fermées à cause de certains «malintentionnés».
Intervenant, hier, dans l’émission «l’Invité de la Rédaction» de la Chaîne III sur les ondes de la Radio nationale, Messaoud Belambri a toutefois exprimé son optimisme pour une relance réelle de Saidal, suite aux instructions du président de la République. Un espoir nourri notamment par l’annonce de la concrétisation incessamment de l’accord de partenariat de Saidal avec un grand laboratoire international pour la production d’insuline en Algérie.
Messaoud Belambri ajoute que cet investissement est un projet important qui n’a pas son pareil au niveau national et espère qu’il soit rapidement concrétisé sur le terrain pour le bien des malades et de la santé publique. Il rappelle le prix exorbitant d’une seule boîte d’insuline importée en moyenne entre 5 000 et 6 000 dinars. Un prix qui sera sensiblement réduit si le projet de sa fabrication locale voit enfin le jour. Dans ce sillage, le président du Snapo a exprimé son «effarement» suite aux déclarations, à l’issue du Conseil des ministres de lundi passé, portant sur des dossiers impliquant des lobbies pharmaceutiques dans le trafic de médicament. Le président du Snapo a déclaré à ce sujet que «ces révélations ont choqué les professionnels du secteur car, certes, nous étions au courant d’un marché parallèle de médicaments, mais on pensait que c’était un marché de petite envergure». Expliquant que «pour nous cela se limitait à ce que l’on appelle ‘le cabas’ qui concernait des bandes de trafiquant composées au plus de quatre à cinq personnes. Mais que des laboratoires et des lobbies pharmaceutiques soient impliqués dans l’importation illégale de médicaments, c’est une situation très dangereuse pour le pays», s’indigne l’intervenant sur les ondes de la Radio nationale. Il joute à ce sujet que «nous espérons que des enquêtes soient rapidement ouvertes afin de mettre en lumière ce trafic et si son ampleur se confirme ceci pourrait expliquer la fragilité du marché du médicament en Algérie et la pénurie de certains produits pharmaceutiques». Le président du Snapo précise à ce sujet qu’«il y a eu des périodes où nous sommes arrivés à une pénurie de 100 à 200 types de médicaments dont certains était vitaux pour le traitement des malades chroniques»
La numérisation
pour la transparence du marché
A propos de la pénurie de médicaments et la complexité de créer un équilibre entre la réduction de la facture de médicament et la disponibilité de médicaments, selon Messaoud Belambri, il devient plus que crucial de soutenir et d’encourager concrètement les investissements dans la production locale de médicament avec des moyens juridiques, matériels et humains adéquats.
Le président du Snapo a, en outre, abordé la question de la numérisation du secteur pharmaceutique en déclarant que «la question de la numérisation est aujourd’hui plus que nécessaire pour réguler et contrôler le marché des médicaments en Algérie». Il affirme à ce sujet que «la numérisation est synonyme de transparence et s’il y a un secteur qui a vraiment besoin de transparence et donc de numérisation c’est bien celui du marché du médicament et de la sécurité sociale. Il explique ainsi que «le secteur du médicament et de la sécurité sociale est intimement lié et tout ce qui touche le secteur de la santé impacte directement celui de la sécurité sociale».
Il rappelle que depuis des années, le Snapo a lancé des appels pour la nécessité de digitaliser le marché du médicament, à l’instar de la numérisation des vignettes et des boîtes de médicaments. Il souligne à ce sujet qu’il y a même des directives de l’OMS qui a mis à la disposition de la majorité des pays des logiciels gratuits qui permettent le suivi digital d’un médicament depuis sa fabrication, son exportation jusqu’à son arrivée au malade.
Le président du Snapo estime aussi que la numérisation permettrait de réguler le marché avec une visibilité réelle de la disposition des médicaments soit en stocks soit mis sur le marché ainsi que le suivi de leur traçabilité. Il ajoute également que cette numérisation permettrait un meilleur contrôle du secteur des produits pharmaceutiques en Algérie et contribuerait énormément à lutter contre le trafic illicite et les pénuries de médicaments. Toutefois, Messaoud Belamrbi se désole que «cela fait des mois que le gouvernement parle de la nécessité de la digitalisation et du passage au numérique pour le marché du médicament, mais pour le moment nous n’avons rien de concret sur le terrain».
Par ailleurs, dans un autre registre concernant la polémique de la mise sous tutelle de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP) du ministère de l’Industrie pharmaceutique, Messaoud Belambri a réitéré, hier sur les ondes de la Radio nationale, tel qu’il l’avait exprimé dans nos colonnes, le fait de «respecter la décision du président de la République rappelant toutefois que «la sécurité sanitaire doit primer sur les aspects économiques».