Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ali Aoun, a annoncé, hier à Alger, le lancement dans une dizaine de jours de la production de l’insuline fabriquée en Algérie affirmant que l’unité de production de stylos à insuline «Biothéra» du groupe «Biocare» entrera en production d’ici au 15 janvier prochain, précisant que «l’unité de production est déjà prête, les lots de validation sont terminé».

Par Sihem Bounabi
Il a tenu à souligner que cette unité sera la première à assurer une production locale de l’insuline injectable à usage unique pour diabétiques. Le ministre a également annoncé que Saïdal s’apprête incessamment à produire de l’insuline en flacon destinée aux hôpitaux». Dans ce sillage, Ali Aoun a tenu a rappelé que «je me suis engagé personnellement à ce qu’on produise localement au moins 50% des besoins du pays en l’insuline en 2023».
S’exprimant lors d’une visite de travail et d’inspection sur le terrain à Alger, le ministre de l’Industrie pharmaceutique était accompagné du wali d’Alger, Mohamed Abdel Nour Rabahi, pour inspecter les usines de produits pharmaceutiques des laboratoires Sanofi, El Kendi, Abdi Ibrahim, Medipharma et Hikma.
C’est lors de sa première escale au complexe de production de Sanofi à Sidi Abdallah que le ministre a réitéré l’engagement de son département à booster la production locale de l’insuline.

Sanofi appelée à accélérer la cadence
Justement surpris par le report de Sanofi d’un programme de production d’insuline à la fin de l’année 2023, alors que l’entreprise était officiellement annoncée pour débuter cette production en ce début de l’année, le ministre de l’industrie pharmaceutique s’est adressé directement aux responsables de Sanofi Algérie, pour les inciter à débuter cette production «le plus vite possible» tout en affirmant «qu’il ne cautionnait» pas que la production d’insuline soit reportée à la fin de 2023.
«Sanofi s’installe dans une position confortable qui est celle de l’importation. Cela ne va pas durer longtemps, je vous le dis tout dès maintenant», a ajouté fermement le ministre Ali Aoun qui a menacé de «peut-être revoir le programme d’importation d’insuline si vous vous ne vous engagez pas à moyen termes de produire de l’insuline».
Concernant la problématique de la machine qui retarde la production de l’insuline au niveau du complexe de production de Sanofi, Ali Aoun a préconisé «d’aller vers l’assemblage manuel rapidement en attendant».
Interrogé par les médias présents sur les mesures qu’il prendrait si Sanofi Algérie ne respectait pas les engagements en matière de production de l’insuline, le ministre a tempéré son propos : «On ne prendra aucune mesure contre un producteur. On ne met pas le couteau sous la gorge des gens. La production ou non d’un autre médicament se fait dans le dialogue. On n’est pas là pour punir les gens. Au contraire, nous sommes disposés à aider les producteurs à aller rapidement dans la production.»
C’est dans cet esprit d’apaisement qu’il a tenu à féliciter Sanofi pour l’emploi de compétences algériennes tout en leur demandant d’ouvrir les portes du complexe aux jeunes universitaires pour «les former et qu’ils voient de visu l’importance d’une usine de médicament respectable».
En outre, le ministre Ali Aoun a tenu à relativiser la polémique concernant le retrait d’un lot de médicaments de la marque Aprovel destiné au traitement de l’hypertension produit par Sanofi, en expliquant qu’«il y a eu un incident de parcours. L’essentiel c’est qu’on s’en est aperçu. Il y a eu une alerte pour récupérer le produit». «Sur les 70 000 boîtes du lot concerné, tout a été récupéré et tout est rentré dans l’ordre», a-t-il ajouté.

Arrivée d’un lot de 5 types de médicament anti-cancer en rupture
Par ailleurs, sur la question de la rupture des médicaments pour le traitement des cancéreux, Ali Aoun a affirmé que les 5 types de médicaments qui étaient en rupture actuellement son arrivés à l’aéroport d’Alger hier matin commentant «qu’il ne faut pas rajouter de la pression mentale aux malades atteint de cancer en lui disant qu’il n’y a pas de traitement». «Je l’ai dit et je le redis, celui qui parle encore de pénurie de médicaments anti cancéreux sans apporter de preuve je m’expliquerais avec lui» !
Sur un autre registre concernant la protection de la production nationale d’une manière générale, il a annoncé qu’«une obligation sera faite à tout producteur national en joint-venture ou tout producteur étranger de prévoir un quota de production à l’exportation de manière à couvrir les besoins en devises pour l’importation des matière premières nécessaires à sa production». Il a tenu a précisé que cette mesure sera appliquée progressivement tout au long de l’année 2023 avant de devenir obligatoire en 2024.
Par ailleurs, afin d’assurer la disponibilité des médicaments, le ministre de l’industrie pharmaceutique a annoncé qu’une convention a été signée entre l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP) et la Faculté de pharmacie de l’université d’Alger pour renforcer la vitesse de traitement des dossiers d’enregistrement qui sont actuellement en instance au niveau de l’ANPP. Il a souligné que cette convention permettra ainsi de faire appel à des universitaires spécialistes en pharmacie qui permettront d’augmenter les capacités de traitement des dossiers qui sont actuellement en instance au niveau de l’ANPP. Ali Aoun a affirmé que cela permettra d’accélérer les études d’enregistrement de près de 400 dossiers qui sont toujours en attente et ce au plus tard à la fin du premier trimestre 2023.