Un plan d’action visant à mettre en place une politique d’industrie pharmaceutique «équilibrée», notamment concernant les aspects organisationnel et économique, a été élaborée par le ministère de l’Industrie pharmaceutique afin d’atteindre l’objectif présidentiel de couvrir 70% des besoins nationaux et de concourir à assurer la sécurité sanitaire notamment en matière de médicaments, selon le ministre du secteur Ali Aoun.

PAR INES DALI
A cet effet, il s’agit d’encourager l’investissement dans le secteur pour une production locale, ce que la tutelle aspire à réaliser à travers la levée des contraintes identifiées par la prise de plusieurs mesures annoncées par le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ali Aoun. Il s’agit aussi, en premier lieu, de rendre les médicaments disponibles et accessibles, une tâche rendue parfois difficile en raison des perturbations récurrentes que connaît le marché national. Afin de tenter d’y mettre de l’ordre, la tutelle a introduit de nouvelles mesures dans le cadre du projet de loi de finances pour 2023.
«La mesure législative proposée vise à fournir du matériel pharmaceutique et des fournitures médicales», et à en «assurer un accès facile», a indiqué Ali Aoun devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN) samedi soir. Il a expliqué que la mesure proposée consiste en un projet d’article qui va définir les obligations des établissements pharmaceutiques en matière de transmission d’informations au ministère en charge de l’industrie pharmaceutique, et ce, à travers la plateforme numérique développée à cet effet.

Sanctions en perspective
En d’autres termes, ces établissements devraient fournir notamment «les niveaux des stocks», comme ils auront «l’obligation d’assurer la disponibilité des médicaments et des fournitures médicales conformément aux programmes prévisionnels de production et d’importation approuvés par les services du ministère de l’Industrie pharmaceutique». Dans le cas contraire, s’il y a défaillance de leur part, les nouvelles dispositions prévoient «l’instauration d’une sanction à l’encontre des établissements pharmaceutiques pour tout manquement aux obligations précitées», a affirmé Ali Aoun.
Cette mesure de sanction est prise pour mettre fin à des tensions qui, très souvent, touchent les médicaments anticancéreux, chose que le ministre a expliqué qu’elle est aussi aggravée, parfois, par la «tendance au stockage» de la part de certains distributeurs.
Pour leur part, les membres de la Commission des finances et du budget de l’APN présidée par Lakhdar Salmi, après avoir écouté la présentation du ministre de l’Industrie pharmaceutique dans le cadre de l’étude des budgets sectoriels inscrits dans le PLF 2023, ont également mis l’accent sur les perturbations ou pénuries que connaissent les médicaments d’oncologie.

Contrôle et régulation à renforcer
En conclusion de la présentation, ils ont «discuté des raisons de la rareté de certains médicaments, notamment ceux destinés aux patients atteints de cancer», a fait savoir le ministère de l’Industrie pharmaceutique. C’est, ainsi, qu’ils ont appelé à la nécessité d’adopter «une stratégie visant à réglementer le processus d’importation et de distribution des médicaments et à renforcer le contrôle sur l’importation et la commercialisation aléatoire des produits pharmaceutiques», en plus de mettre en place des «mécanismes de dissuasion contre les promoteurs des psychotropes par des moyens illégaux» et de «lutter contre le monopole».
Le président de la commission, tout en évoquant l’importance du secteur pour assurer la sécurité sanitaire, a préconisé de s’orienter vers «l’établissement et le développement d’une industrie pharmaceutique forte, valorisant et accompagnant la production locale», tout en veillant à «la régulation» et à «la maîtrise de la politique de prix des médicaments», en plus d’adopter une stratégie efficace de promotion du produit local et de travailler à la numérisation du secteur. D’autres membres de la commission ont appelé à «accélérer la mise en place de l’Agence africaine des médicaments» et à fournir plus d’efforts pour «remédier à la pénurie de fournisseurs de produits pharmaceutiques dans les wilayas du Sud».
A noter que lors de la présentation des dispositions de son secteur dans le cadre du PLF 2023 devant ladite commission, Ali Aoun a indiqué que le budget alloué à l’Industrie pharmaceutique est constitué du budget de fonctionnement d’un montant de 453.594.000 dinars, dont 253.594.000 DA sont destinés à la gestion des services de l’administration centrale et 200.000.000 DA à titre de contribution à l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP). Le pourcentage des dépenses allouées aux employés est de 71% du budget total alloué à l’administration centrale. Il a également indiqué que les enveloppes financières affectées aux autres dépenses de la direction sont estimées à 72.801.000 DA. Ce budget permettra de couvrir les dépenses de fonctionnement des services de l’administration centrale en matière d’équipement et de mobilier, à payer les charges liées aux frais annexes, à l’entretien des bâtiments, en plus des dépenses liées à l’organisation de conférences et congrès du secteur. n