La première édition du Salon algérien de l’industrie pharmaceutique à Dakar, Djazaïr Healthcare, prendra fin demain, 20 mai, avec l’ambition, pour les acteurs du secteur, de performer davantage leur production actuelle et de gagner des parts de marché en Afrique de l’Ouest.

Par Kahina Sidhoum
C’est, en résumé, les déclarations des participants à ce salon dont beaucoup développent des relations d’affaires avec le Sénégal, à l’exemple des Laboratoires IMC spécialisés dans le matériel de dialyse, la société Lyne Pansement, qui s’apprête à exporter son produit vers le Sénégal et le Cameroun, selon l’APS, ou du groupe public Saidal, qui a signé une première convention avec l’opérateur sénégalais en continuation d’une stratégie de coopération dans plusieurs pays du continent. D’après l’agence de presse, le privé Clinica a signé un accord de partenariat «pour la prestation de service et la commercialisation de ses produits au Sénégal et dans les pays de l’Afrique centrale et de l’Ouest». Hydra Pharm, spécialisé dans la distribution de médicaments, s’est, pour sa part, félicité de la signature d’«une convention avec des opérateurs sénégalais qui permettra la promotion du produit algérien et l’accès aux marchés africains».
Côté institutionnel, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Abderrahmane Benbahmed, a signé avec le ministre sénégalais de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, plusieurs accords de coopération pour «l’objectif d’encourager la coopération bilatérale et l’échange d’expériences et d’expertises», de «faciliter les procédures pour le lancement de partenariats et la création de joint-ventures entre les opérateurs des deux pays», écrit l’envoyée spéciale de l’APS à Dakar. A cette occasion, indique la même source, «l’Algérie a accordé au Sénégal une aide en produits pharmaceutiques et fournitures médicales», ajoutant que le ministre algérien du secteur pharmaceutique a défendu le modèle de développement algérien qui fait que «trois médicaments sur quatre étaient produits localement en 2021». «Pour la couverture de nos besoins, en 2021, l’industrie pharmaceutique nationale couvrait 66% des besoins en valeur, 75% en volume, c’est-à-dire, trois médicaments sur quatre sont produits localement grâce à l’adoption de mesures encourageant le développement industriel se substituant à l’importation, a précisé M. Benbahmed, dans un entretien publié dans le n°3 du magazine panafricain Les Champions économiques. «Le taux de couverture en valeur était de 52% en 2019, a-t-il précisé, soulignant que cela illustre «la dynamique de croissance et de développement» que connaît le secteur depuis le création du ministère de l’Industrie pharmaceutique, en 2020, qui travaille aujourd’hui pour «augmenter davantage ce taux notamment à travers la production de médicaments à forte valeur ajoutée tels que l’anticancéreux et les insulines». Selon le ministre, la production nationale des médicaments avait augmenté d’un milliard de dollars en 2021 par rapport à 2019 (3,1 milliards de dollars en 2021, 2,4 milliards de dollars en 2020 et 2,1 milliards de dollars en 2019), ajoutant que la facture de l’importation des médicaments a été réduite en 2021 de 800 millions de dollars par rapport à 2019 (2 milliards de dollars en 2019, 1,7 en 2020,1,2 en 2021), en limitant l’importation aux seuls médicaments essentiels non ou pas assez produits localement. M. Benbahmed a fait mention également d’une baisse de 20% du prix des insulines importées, soit une économie de 10 milliards de dinars annuellement. «Depuis l’installation du comité économique intersectoriel en janvier 2021, nous avons priorisé l’enregistrement de certains médicaments et nous prévoyons une économie prévisionnelle de 50 millions de dollars par an, grâce au passage à la production nationale de 38 molécules bio similaires et génériques auparavant importées, soit une substitution direct à l’importation de 50 millions de dollars/an», a fait observer M. Benbahmed au magazine économique. S’agissant de l’exportation, les prévisions pour cette année s’élèvent à hauteur de 50 millions d’euros. «L’année 2021 a permis de réaliser une progression de 50% en termes de nombre de nouveaux produits lancés grâce à la mise en place d’un programme de transformation industrielle», dira-t-il. Ajoutant qu’ «à partir de cette année, le développement prendra encore plus d’importance en investissant massivement dans la R&D près de 185 millions DA». Concernant les études cliniques, qui représentent «un maillon stratégique dans le processus de développement de l’industrie pharmaceutique», le ministre a révélé que son département «envisage de réaliser 100 études cliniques en 2022». Il a précisé dans ce sens, que le ministère «ambitionne d’atteindre un volume de 200 millions de dollars à l’horizon 2024» en matière d’exportation des services dans le domaine pharmaceutique. <