Le World Trade Center Algeria a organisé, hier, à l’hôtel El Aurassi, le premier forum dédié aux clusters en Algérie. Thème de la rencontre, qui a vu la présence de nombreux opérateurs et experts nationaux, « l’innovation et les avantages compétitifs des clusters ».

L’Algérie compte aujourd’hui moins d’une dizaine de clusters économiques. Pour les experts présents au forum, l’Algérie enregistre un retard considérable comparé à ce qui se fait au sein d’autres économies, comme en France, où on ne compte pas moins de 240 groupements d’entreprises de même secteur dans la même zone. Par ce premier rendez-vous majeur, dédié à la création de synergies interentreprises, le ministère de l’Industrie et des Mines veut lancer les bases du rapprochement entre les entreprises locales. « Le ministère de l’Industrie et des Mines a été, dans une démarche volontariste, à l’origine des premiers clusters ; il est de la plus haute importance également que le relais soit assuré par la sphère économique réelle qui doit s’approprier cet instrument pour stimuler de nouvelles grappes d’entreprises autour des pôles industriels que nous lançons à travers le pays », a appelé Rabea Khalfi, la secrétaire générale du ministère de l’Industrie, qui a représenté Abdeslam Bouchouareb, absent de l’événement. Les réformes engagées par le gouvernement pour faire face à la crise économique que traverse le pays tendent, selon la représentante du ministère, à entreprendre « un virage décisif » qui exige « la mise à niveau technologique et bâtir une industrie pérenne ».
A cet effet, Rabea Khalfi assure que la législation actuelle, à travers notamment la nouvelle loi de promotion de la PME, est un nouveau cadre qui encourage le groupement notamment en matière de sous-traitance. «Ceci épouse la notion de cluster. Ces derniers figurent en bonne place pour une économie durable et innovante », affirme-t-elle, citant les propos du ministre de l’Industrie. « Si j’évalue ce que nous avons pu concrétiser ces derniers mois dans le domaine des clusters, j’estime que nous avons obtenu de réelles avancées. Seulement, dans le contexte économique actuel nous avons l’obligation d’être plus ambitieux », a jouté le ministre.
Pour Adel Bensassi, président du cluster mécanique de précision, les groupements économiques sont «des leviers de performance et de compétitivité qui permettent d’associer toutes les énergies. Les secteurs ciblés sont ceux « à haute valeur ajoutée, tels que les énergies renouvelables et l’agroalimentaire». «Nous assistons à une révolution industrielle, ces évolutions mettent en exergue la nécessité d’innovation de la conception du produit à sa commercialisation. La création de clusters dans les filières créatrices de richesses doit contribuer activement au développement de la croissance et à la création d’emplois sur les marchés porteurs », indique Ahmed Tibaoui, le Directeur général du World Trade Center Algérie. Pour ce faire, les chefs d’entreprise présents appellent à « dépasser les schémas industriels habituels » pour utiliser au mieux ce qu’ils considèrent comme un outil adéquat pour diversifier l’économie, « moyen important pour se regrouper, optimiser le savoir-faire et multiplier le potentiel », comme le confie Mourad Bouattou, président du Cluster boisson Algérie. « Le groupement d’entreprises à but non lucratif est la forme juridique idoine pour promouvoir les compétences, mutualiser les coûts et faire office d’incubateur de start-up », explique-t-il. Par ailleurs, à l’occasion de ce forum plusieurs partenariats ont été signés. L’Institut de formation en technologie et management (TEMA) basé à Alger s’est associé au World Trade Center Algérie pour le lancement d’un mastère en « management de cluster et de réseaux territoriaux ». Il a également été procédé à la signature d’une convention de partenariat entre l’Ecole nationale polytechnique et le Cluster mécanique de précision. Une troisième convention a permis à l’Ecole supérieure d’informatique de s’associer au Cluster numérique.