Riche, le sous-sol algérien demeure peu ou mal exploité. La quasi-totalité des équipements de production du secteur des mines et carrières est importée.

D’où la nécessité de mettre en œuvre une «stratégie minière claire», comme l’a souligné Ferhat Hamioud, Directeur général des mines par intérim au ministère de l’Industrie, dans un entretien paru au magazine Algérie Industrie dans son numéro de décembre. Cette stratégie devrait «être traduite notamment par l’amélioration du niveau de la qualité du potentiel minéral en intensifiant les efforts d’investissement et les programmes de recherche géologique et minière». M. Hamioud préconise aussi des partenariats d’affaires public-privé et des négociations avec des étrangers pour attirer des capitaux étrangers, des technologies et des compétences. En termes de chiffres, le magazine indique que l’Algérie dispose de 31 substances minérales exploitées et extraites depuis 1 400 exploitations minières. «Le fer et le phosphate, explique-t-on, «représentent les plus importantes richesses avec des réserves géologiques estimées respectivement à plus de 3 milliards et de 2 milliards de tonnes». Mais le développement du secteur minier tarde à venir. Les contreperformances se suivent. En témoignent ces exportations annuelles en produits miniers qui ne dépassent pas les 170 millions de dollars, et la contribution timide de 1% du PIB. Par ailleurs M. Hamioud met en relief la nécessité de prendre en compte le «développement et le renforcement de nos capacités de gouvernance pour une meilleure gestion des ressources minières». Et annonce, d’autre part, que les projets miniers, entamés ou en cours d’étude, «peuvent jouer un rôle important pour l’économie de notre pays par la satisfaction des besoins du marché national et l’exportation de l’excédent». En matière de fer, explique-t-il, les travaux relatifs au projet Gara Djebilet à Tindouf sont en cours de réalisation. La finalisation des études portant sur la faisabilité de ce projet, poursuit M. Hamioud, est prévue pour fin 2018. Ces études permettront de trancher quant à la réalisation de cet important projet. Pour le zinc et le plomb, les travaux complémentaires sont en cours de réalisation visant le développement et l’ouverture de la mine d’Oued Amizour à Béjaïa, ainsi que la réouverture de la mine de Chaâbet El Hamra à Sétif. A ce sujet, Dr Ahmed Sabri, Maître de recherche en géologie et Consultant international en industrie minière, a pointé du doigt la règle de 51/49 qui «devra être remplacée par un accord préalable du projet de partenariat par la tutelle représentée par une commission interministérielle instituée à cet effet». Le partenariat, a-t-il précisé, «pourra dépasser les 49% si l’entreprise apporte un savoir-faire avéré et des capitaux substantiels à la réalisation du projet et en fonction de l’objet du projet et de sa situation géographique». Et d’enchaîner : «L’entreprise étrangère ne peut en aucun cas faire un partenariat pour la recherche ou l’exploitation d’un gisement d’une matière stratégique pour notre sécurité nationale minerais radioactifs, béryllium, niobium, tantale, terres rares). La clarification de notre politique minière «pourra permettre le développement du secteur minier pour qu’il devienne producteur de richesse et d’emplois et ainsi participer au développement économique du pays pour affronter l’après-pétrole».