Le développement du mégaprojet de phosphate de Bled El Hadba, dans l’Est algérien, devrait coûter la bagatelle de 6 milliards de dollars. C’est ce qu’a indiqué hier le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, en marge d’une réunion interministérielle sur cet important investissement d’industrie minière qui devait démarrer en 2019 mais qui a été retardé pour des raisons de préparation si l’on se fie aux termes utilisés par le ministre de l’Energie qui semble avoir pris le dossier en main.

Le mégaprojet porte sur la réalisation d’un complexe dédié à l’extraction et au traitement du minerai au niveau de Bled El Hadba, dans la région de Tébessa, d’unités de transformation à Oued Kebrit, dans la région de Souk Ahras, pour la production d’acide sulfurique et d’acide phosphorique, et d’autres unités à Hadjar Essoud dans la région de Skikda pour la production d’ammoniac, d’acide nitrique, de nitrate d’ammonium notamment. Il concerne également l’extension du port d’Annaba dans le cadre de l’exportation des produits finis. Et s’appuie sur d’importantes réserves de phosphates de plus de 2,2 milliards de tonnes, plaçant l’Algérie au troisième rang dans le monde en termes de réserves de cette importante matière première, selon les estimations officielles algériennes.
Dans sa déclaration, le ministre de l’Energie a parlé selon l’APS de «restructuration» du projet et de «nouveau schéma de développement, d’un montant global de 6 milliards de dollars, réparti en trois phases». Ce schéma comprend trois phases de cinq ans chacune pour concerner les wilayas de Tébessa, Souk Ahras et Annaba. Selon M. Attar, la première phase nécessite un investissement de 3 milliards de dollars. «La restructuration du projet permettra d’entrer en production dès le terme de la première phase. Les recettes de cette production pourraient financer les deux autres phases, d’un coût de 1,5 milliard de dollars chacune», a-t-il précisé.
«A partir de la mine de phosphate, il y aura la production puis la transformation du minerai ainsi que son exportation et la production d’engrais au profit du secteur agricole», prévoit M. Attar, assurant que «plusieurs milliers de postes d’emplois directs» seront créés au niveau des wilayas concernées. Le ministre de l’Energie a souligné que ce projet fait partie de ceux «permettant à l’Algérie de sortir de la dépendance aux hydrocarbures». Il a réaffirmé le caractère structurant de ce projet pour le développement économique du pays qui implique plusieurs secteurs et qui devrait être présenté prochainement au gouvernement pour validation
Présent à cette réunion, le ministre des Mines, Mohamed Arkab, a fait savoir que l’exploitation du phosphate dans l’Est du pays constitue «un réel projet intégré». «C’est-à-dire qu’il couvre l’exploitation de la mine à Bled El Hadba jusqu’à l’export au niveau du port d’Annaba, en passant par la production d’acide sulfurique et d’acide phosphorique», a-t-il indiqué. Il s’agit du lancement réel de ce projet qui a souffert de plusieurs retards, a-t-il noté, ajoutant que «Sonatrach a récemment réalisé un gros effort au cours d’une période courte pour parvenir au lancement de ce projet. La relance du mégaprojet de Bled El Hadba a été annoncée en juin dernier par le ministre de l’Industrie Ferhat Aït Ali Braham qui était en charge à l’époque du portefeuille des Mines également. Il avait déclaré que son gouvernement comptait d’abord sur «deux grands projets phares, le complexe de phosphate et le projet de mine de fer de Gara Djebilet dans la région de Tindouf. Comme son homologue de l’Energie, hier, il n’a cependant rien dit de précis en ce qui concerne la liste des actionnaires du projet de phosphate qui pourrait avoir connu des modifications en ce qui concerne la partie internationale. Selon le mémorandum d’entente, signé en novembre 2018 à Tébessa, la société Asmidal (filiale du groupe Sonatrach) détient 34% de ce complexe contre 17% pour le groupe Manadjim El Djazaïr (Manal), soit un total de 51% pour la partie algérienne, alors que les 49% restants sont détenus par la partie chinoise (le groupe Citic, le Fonds de la route et de la soie, le Fonds sino-africain pour le développement.