C’est aujourd’hui que le président Abdelmadjid Tebboune devra présider un Conseil des ministres extraordinaire pour examiner, puis adopter le Plan d’action du gouvernement. Ce plan sera ensuite débattu au sein des deux chambres du Parlement pour son adoption finale. Le plan sera ainsi le fil conducteur de la politique de l’Exécutif. Il sera question de toutes celles liées à la vie nationale, quelle soit politique, culturelle, économique ou sociale. L’Exécutif, à travers son plan d’action, devra répondre aux exigences du moment, surtout que le pays vit une situation inédite avec un mouvement de contestation qui ne faiblit pas, mais également en proie à une crise économique aiguë. Les questions et les choix fondamentaux que devra examiner le Conseil des ministres auront les réponses ou les solutions à apporter aux problèmes qui se posent. Si l’on prend pour exemple le volet du montage automobile, au vu de la politique que les anciens gouvernements avaient privilégiée comme solution à la crise, l’actuel Exécutif est appelé à redresser la barre et à mettre de l’ordre dans un secteur qui a vu l’incarcération de tous les patrons des usines, accusés dans des affaires de corruption. Au-delà de cet aspect, les usines de montage elles-mêmes n’arrivent toujours pas à voler de leurs propres ailes, ou du moins à renflouer les caisses de l’Etat, face aux milliards de dollars dépensés dans l’achat des kits SKD-CKD. Le gouvernement Djerad est attendu justement sur cet aspect. Devra-t-il revoir le cahier des charges adopté par le gouvernement Bouteflika en 2017 ? Tout porte à croire que le cahier des charges taillé sur mesure par Abdessalem Bouchaoureb, alors ministre de l’Industrie, sera révisé, surtout dans son volet lié à l’intégration avec un taux exagéré pour des raisons, semble-t-il, de pression sur les patrons des usines. Dans le cahier des charges et le décret portant autorisation de mise sur pied d’usines de montage automobiles, il est souligné que « le bénéfice des avantages liés à l’investissement et au régime fiscal préférentiel, prévus pour les collections destinées aux industries de montage et à celles dites CKD, est subordonné au respect des taux d’intégration tels
que prévus par la réglementation en vigueur ». Ces avantages octroyés par l’Etat aux patrons d’usine étaient réellement la pomme de discorde. D’aucuns ont estimé qu’il s’agissait d’un « siphonage » du Trésor sous couvert d’aides et d’avantages fiscaux. Le gouvernement va-t-il revoir ces aspects que beaucoup ont dénoncés ? Il faut s’attendre, compte tenu de la situation actuelle, à une révision de fond en comble de toutes ces lois qui régissent le secteur de l’automobile, surtout que ce dernier n’a pas « préservé » les devises, contrairement au discours développé contre l’importation des véhicules. Pour un marché qui réclame annuellement 400 000 à 450 000 véhicules, les quelques usines mises sur pied n’ont répondu qu’à hauteur de 28 %, selon des informations, à la demande. Il s’agit à la fois de préserver « les devises » et répondre à la demande nationale en matière de véhicules, tous types confondus, auquel est confronté le gouvernement Djerrad.