Parmi ses déclarations phares, hier à la radio, le renoncement du gouvernement au marché du véhicule d’occasion de moins de trois ans.

Le ministre de l’Industrie Ferhat Aït Ali semble fixer les points en ce qui concerne la politique du gouvernement relative aux entreprises publiques en cette fin d’année. Ferhat Aït Ali a, en effet, dévoilé hier que son département œuvre actuellement à la clarification de certains dossiers en relation avec l’industrie et l’économie, notamment ceux relatifs à l’avenir des entreprises étatiques en grande difficulté. Lors de son passage à la Chaîne I de la Radio nationale, le premier responsable du secteur industriel algérien a évoqué plusieurs aspects relatifs à son secteur, notamment le sort des entreprises publiques en situation de faillite ou de danger de disparition, ainsi que l’importation de véhicules d’occasion de moins de trois ans.
Pour M. Aït Ali, «l’ouverture du capital des entreprises publiques ne peut pas se faire avec l’ancienne politique» ; c’est-à-dire, il est important de mobiliser l’épargne privée et publique à travers la Bourse d’Algérie pour redémarrer les sociétés en difficulté financières. «La Bourse est la solution si nous voulons sauver ses entreprises en difficultés financières et qui risquent la dissolution», a-t-il assuré, mettant en avant cette fois une démarche du gouvernement qui n’avait pas été défendue auparavant. Il reste à savoir si la Bourse est réellement le meilleur moyen de privatiser des EPE jugées non rentables, alors que le Directeur général de la Bourse a récemment accusé les opérateurs du privé de ne pas «jouer la transparence» dans leur business.
Pour le ministre de l’Industrie, qui était hier l’invité de l’émission «Daif essabah», le projet d’ouverture du capital des entreprises de l’Etat par le recours à la Bourse vise à préserver un patrimoine susceptible d’être fructifié et sauver des milliers d’employés, la facture sociale étant la grande crainte de l’Exécutif.
Dans le même contexte, Ferhat Aït Ali estime que le choix de son département d’aller vers la privatisation via le partenariat public-privé permettra de soulager la trésorerie publique. Avant toute négociation avec les établissements financiers, «ces entreprises doivent préparer et exposer leurs plans de développement», a-t-il indiqué sans avancer cependant d’échéances précises.
Sur le gros et épineux dossier de l’entreprise publique Eniem, selon le ministre, cette affaire est sur la table et sera tranchée au cours de cette semaine. Il a rappelé que l’entreprise en question est endettée de 13 milliards de dinars. Un fardeau qui n’a pas encouragé les banques à s’engager dans le financement des activités du complexe à la recherche d’une place dans un marché fortement concurrentiel, selon ses propos. Il a ajouté que «la préservation des emplois dépendra du plan de sauvetage que proposent les responsables de l’entreprise», a-t-il affirmé.

Le marché de la concession automobile n’est pas la priorité du gouvernement
Le marché de la concession automobile ne figure pas, pour l’instant, parmi les priorités du gouvernement dans le secteur industriel, a encore indiqué le ministre. Mais la priorité réside, selon lui, dans l’«industrie de l’automobile», c’est-à-dire dans le montage et l’assemblage dont le bilan actuel est catastrophique. Aucun des investissements dans le secteur, y compris celui de Renault, n’a abouti. Ceux lancés par des privés algériens sont à la case de la chronique judiciaire et des plans sociaux massifs. Pour Ferhat Aït Ali, le gouvernement compte cette fois mettre en place une vraie industrie automobile. Il a indiqué sans précision sérieuse que l’Algérie est en phase de négociation avec des industriels allemands sur la possibilité d’investissement dans l’assemblage de véhicules. S’agira-t-il d’une reprise du portefeuille de Sovac avec son ancien partenaire Volkswagen ? Le ministre n’en a rien dit, bien que cette piste ait été maintes fois évoquée par des médias.
Sur le dossier d’importation de voitures d’occasion de moins de trois ans, le ministre a indiqué que cette question est close. Il a déclaré que ce projet n’est pas réalisable en Algérie. «Dans le domaine d’importation des voitures neuves, nous avons reçu jusqu’à présent quelque 180 dossiers d’agents potentiels, la plupart sont irréalisables sur le terrain en raison de leur incompatibilité avec le cahier des charges», a-t-il dit.