Déjà malade de sa déstructuration et de son manque flagrant de performances, bien avant l’arrivée de la Covid-19, le secteur de l’industrie en Algérie s’est retrouvé carrément à l’agonie sous l’impact d’une pandémie qui a mis sous l’éteignoir l’ensemble des branches et filières qui le composent.

Par Feriel Nourine
En témoigne le nombre hallucinant d’entreprises publiques et privées concernées, aujourd’hui, par le plan de sauvetage de la faillite qu’il faudra bien mettre en place dans le cadre de la relance économique dégagée par les pouvoirs publics. Celle-ci s’appuie entre autres sur une démarche industrielle à reconsidérer et à adapter à la réalité d’aujourd’hui qui impose, en premier lieu, la rupture avec les nombreuses pratiques socio-économiques.
C’est dire que, bien plus que relancer la machine industrielle et la remettre dans l’état où elle se trouvait avant l’apparition de la Covid-19, c’est tout un écosystème nouveau que le gouvernement est appelé à créer au profit du secteur.
C’est ce qui est attendu du Plan d’action du gouvernement qui vient d’atterrir à l’APN. Lequel plan s’intéresse, entre autres, à des filières industrielles parmi lesquelles ont été décelés «des dysfonctionnements qui ont empêché leur développement ou causé parfois l’arrêt total de leurs activités, notamment les filières des industries mécaniques, électroniques et d’électroménagers», indique le document soumis aux députés.
L’Exécutif compte relancer l’activité de ces filières en s’engageant à «créer un organisme doté des prérogatives requises pour gérer les différents dispositifs réglementaires, accordant des avantages douaniers et fiscaux aux entreprises industrielles afin d’assurer un meilleur ciblage de ces avantages, encourager et orienter ces entreprises à s’organiser en associations professionnelles à l’effet de renforcer la synergie dans leur activité et leur intégration industrielle, orienter les investissements industriels vers les domaines disposant d’importants potentiels et procéder à l’identification des activités en régression.
Les groupes industriels publics seront sans doute prioritaires dans cette voie de relance. Ceci d’autant que la dernière semaine de juillet dernier a été marquée par une série de rencontres et de réunions tenues par le ministre de l’Industrie avec les responsables de ces groupes et de leurs filiales. Elles ont vu Ahmed Zaghdar réitérer l’engagement de la tutelle à soutenir les entreprises en partant du principe que le nouvel élan à apporter au secteur passe aussi par «la relance des grandes entreprises industrielles publiques et les groupes industriels importants».

Petites entreprises, réelles performances
Si la (re)mise sur rail de l’industrie locale passe par le redynamisation des groupes industriels publics, elle reste également tributaire d’un tissu de très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) performantes par la multiplication des richesses au profit de l’économie nationale, notamment en matière de productivité et de création d’emplois.
Le soutien à ce type d’entités économiques, dont un bon nombre relèverait de la sphère industrielle, est mis en avant dans le Plan d’action du gouvernement. Pour ce faire, il est d’emblée souligné que le développement des TPE et des PME «nécessite l’appui d’un environnement propice à l’entreprise lui permettant de disposer de services adaptés tels que la recherche, l’accès à l’innovation, la diffusion des normes de produits et de management qui constituent des éléments clés au renforcement de la compétitivité et à la création de valeur ajoutée».
En outre, si le tissu industriel local est appelé à se tisser en comptant sur la TPME, il le fera en se basant sur une approche gagnante qui ouvre la voie à la compétitivité en passant par «les nouvelles technologies de l’information et de la communication dans un environnement marqué par le déploiement des outils numériques en vue d’améliorer sa réactivité face aux exigences du marché», lit-on encore sur le même document. Il s’agit aussi de renforcer l’efficacité de ce type d’entreprises et d’assurer la cohésion des services d’appui existants à travers des actions à mener à très court terme, est-il aussi indiqué.