Elsewedy Electric Algérie a bouclé avant-hier ses dix ans d’activité en Algérie. L’histoire de cette entreprise égyptienne installée depuis 2006 en Algérie et qui a démarré sa production en 2008 à Aïn Defla fait partie d’une saga familiale qui a commencé à être écrite il y a quatre-vingt ans, en 1938, lorsqu’un de ses membres a décidé d’ouvrir dans un des faubourgs du Caire un petit commerce suivi d’autres pour la vente en détail du matériel et de l’équipement électriques.

Depuis sa création la société a vu éclater la Seconde Guerre mondiale, la monarchie de Farouk s’effondrer, elle a assisté à la révolution nassérienne de Juillet 1952 et a évolué sans rompre au rythme des grands bouleversements que l’Egypte a connus en moins d’un siècle. « Elle a résisté à toutes les époques », résumera avec un grand sourire Adly Kafafy, le manager d’Elsewedy Algérie. « Vingt-six ans après ses balbutiements et son affirmation dans le trading, ajoutera-t-il, une autre génération a pris le relais pour lancer la première véritable unité de production de câbles et d’accessoires électriques. Un tournant dont la suite est prestigieuse : Elsewedy Electric est devenu un géant industriel en Egypte et au Moyen-Orient et est présent aujourd’hui dans six grandes activités : la production d’électricité, le transport et la distribution de l’électricité, la construction d’infrastructure, les ouvrage pour l’énergie renouvelable, les télécommunications et le développement industriel. Le groupe emploie 12 000 personnes dans 25 unités de production. Il est présent dans différents pays en Amérique latine, en Asie et en Afrique. En Algérie, sa filiale qui devrait terminer l’année 2018 avec un chiffre d’affaires de 18 milliards de dinars est en passe de devenir un exemple de la coopération sud-sud ou de la région Mena. Ses responsables avancent des indicateurs convaincants : « Un chiffre d’affaires de plus de 20 milliards de dinars, une capacité d’embauche qui dépasse les 600 salariés en emplois directs et plus d’un millier en emplois indirects et un taux d’intégration au-delà des 30% ». Ils décrivent une installation d’une capacité de production « de plus de 30 000 tonnes de câbles électriques (basse, moyenne et haute tension) et de 3 000 transformateurs », qui implique quelque « 200 sous-traitants ». Ils se targuent de réduire de « 35% » la facture d’importation de câbles industriels à l’usage de Sonelgaz et ses sociétés, ses plus gros clients. Ils aiment à rappeler enfin qu’ils sont « pleinement engagés » dans « le développement industriel hors hydrocarbures » et qu’ils se placent à l’Export vers des destinations comme l’Egypte, le Chili, le Qatar, la Tunisie, la Jordanie, l’Arabie Saoudite, l’Espagne, le Bahreïn et la Mauritanie », un marché maghrébin de « grand intérêt économique et commercial ». « On est aujourd’hui l’unique exportateur de câbles électriques en Algérie » avec l’ambition de « consacrer davantage que les 15% actuels de notre production en Algérie aux marchés extérieurs, souligne Adly Kafafy. « Cela est parfaitement possible, insiste ce manager qui affirme que l’environnement des affaires en Algérie reste malgré tout injustement apprécié et qu’il mérite d’être ardemment défendu ». « Il y a en Algérie de la place pour ceux qui veulent investir et faire des affaires, c’est le message qu’on souhaite faire passer à l’occasion du dixième anniversaire du lancement de notre unité de production ici à Aîn Defla », a-t-il poursuivi. « Nous avons eu la chance d’avoir écouté les conseils de l’Andi, nous qui voulions nous installer à Alger ou Blida, et d’être venus dans cette région où nous avons eu toutes les facilités, notamment celles de l’accès au foncier industriel », a-t-il ajouté dans une déclaration approuvée par le directeur de l’industrie auprès de la wilaya.

« Effet d’entraînement »
Aux yeux de M. Benbada, « l’implantation du groupe Elswedy est en train de créer un « effet d’entraînement » dans une région dont l’attractivité va s’accroître auprès des opérateurs dès lors qu’il n’est plus possible de trouver une assiette à Alger et Blida ».
« Pour beaucoup d’industriels et de candidats à l’investissement, Aïn Defla va, selon lui, devenir une zone d’extension industrielle de premier plan, le phénomène est déjà perceptible car, en plus de la quarantaine d’entreprises présentes, cinq autres devraient s’y installer dans le courant de l’année 2019 ».
S’il n’a pas précisé dans quels domaines d’activité ils vont s’installer, un élu local présent à la cérémonie d’anniversaire a réagi pour dire « tout est à prendre pour la création d’emplois dans la région à condition que l’on préserve sa vocation agricole aussi ». Ici, à Aïn Defla, la glèbe est rouge, en effet. Elle sent bon la fertilité et en ces dix ans d’anniversaire d’Elsewedy Electric Algérie tous étaient à la fête et à l’inauguration, pour l’occasion, d’une nouvelle unité de production d’accessoires de câble électriques, une première en Algérie, pour un montant d’un million de dollars US et une capacité de production de 100 000 unités par an. En 2019, si elle a d’ici là le feu vert de Sonelgaz, l’entreprise devrait se lancer dans la fabrication des compteurs électriques « intelligents » avec un financement de « 3 à 4 millions de dollars ». <