L’un des enjeux est de réduire la facture d’importations de composants électroniques qui est actuellement de 700 à 1 milliard de dollars par an.

Par Khaled Remouche
Le Directeur général et fondateur de Bomare Company, société privée spécialisée dans la fabrication de téléviseurs sous la marque Stream Systèm, a de nouveau soutenu dans ses réponses aux journalistes, en marge de la cérémonie de lancement mardi dernier du master professionnel «Automatique appliquée» à l’université Saad-Dahlab de Blida, l’urgence d’un accompagnement par le gouvernement des activités d’exportation et d’investissement. «Si le gouvernement espère augmenter de façon sensible les exportations hors hydrocarbures, il doit nécessairement accompagner les opérateurs dans leurs opérations d’exportation.» Cet accompagnement ne consiste pas ou pas essentiellement, a-t-il laissé entendre, en des facilitations fiscales ou en un soutien financier, mais surtout en des facilitations administratives et réglementaires, qui permettent d’importer aisément la matière première destinée à l’exportation ou des autorisations pour investir en vue de développer les exportations hors hydrocarbures ou diminuer la facture importation par la fabrication locale de matières premières ou de composants de biens produits en Algérie.
Cet accompagnement s’inscrit dans le sillage de la politique de substitution aux importations que le gouvernement Djerad compte privilégier dans l’application de son programme d’actions volet industrie. Les pays qui ont réussi sont ceux qui ont accompagné leurs opérateurs, a-t-il ajouté. Il a cité les exemples de la Turquie et de la Corée du Sud. Le premier est devenu un champion dans la fabrication de drones et de panneaux photovoltaïques. Le second compte deux champions mondiaux Samsung et LG, qui accaparent la plus grosse part du marché mondial des téléviseurs. A une question de la presse sur le risque de plagiat à la formation des start-ups, il a répondu que les Sud-Coréens ont commencé par le copié-collé, c’est-à-dire l’imitation de produits et services avant de parvenir dans une phase ultérieure à l’innovation. Une observation importante qui encourage les porteurs de projet de start-up nationaux à créer leur entreprise et à aller de l’avant jusqu’à atteindre, après plusieurs années, le stade de l’innovation proprement dite.

«Les Sud-Coréens ont commencé par le copié-collé»
Le second message qu’a voulu lancer le patron de Bomare Company, à travers le lancement officiel du master lors de cette conférence de presse, est l’importance accordée par cette entreprise – l’un des leaders du marché local des téléviseurs avec une capacité de production de 500 000 à 600 000 téléviseurs par an, dont une bonne partie est exportée vers l’Europe, essentiellement vers l’Espagne, le Portugal et l’Italie – à la formation et au développement du capital humain comme clés du développement et de l’expansion des exportations de cette entreprise. Elle dispose d’une structure Bomare Company qui a formé 380 jeunes diplômés depuis novembre 2018. C’est dans cette optique, également, que cette société a conclu, en 2016, un partenariat avec l’université Saad-Dahlab de Blida, spécialisée dans la formation de diplômés du supérieur dans les filières techniques et scientifiques. Cette coopération se résume en l’organisation de stages des étudiants de l’université à Bomare Company, la mise à disposition de matériels et d’experts de Bomare qui contribuent à la formation des étudiants à travers des cours pratiques. Couronnement de ce partenariat, Bomare Company a mis, en 2017, à la disposition de l’université Saad-Dahlab une ligne d’insertion de composants électroniques installée en son sein d’une valeur de 1,5 million de dollars, destinée à la formation pratique des étudiants et à l’amélioration des connaissances pratiques des enseignants et chercheurs de cette université. Bomare Company est allé plus loin en favorisant le jumelage de l’université Saad-Dahlab avec l’université de New York, et des échanges entre cette université et son fournisseur et son partenaire technologique américain Universal System Corporation. A la faveur de cette coopération, Bomare Company a contribué à la formation de formateurs et l’envoi d’enseignants de cette université pour se former aux Etats-Unis au sein des structures de formation et de recherche d’Universal System Company. Le lancement de ce master professionnel de deux ans, destiné à 15 à 20 étudiants, les meilleurs dans leur discipline, vise à créer un écosystème, a souligné Ali Boumediène. «Il s’agit de créer un écosystème à travers l’université et d’aboutir à la création de PME-PMI et de start-up spécialisées dans la fabrication de composants électroniques.» Bomare Company attend en fait de ces futurs masters et de diplômés d’autres universités, auxquelles il est lié par un partenariat, qu’ils soient des chefs d’entreprise et créent leur PME ou start-up spécialisée dans la fabrication de composants électroniques. Son rôle consistera alors à les aider à obtenir le financement et à garantir l’achat de leurs produits à travers la conclusion de contrats entre les deux parties.
L’objectif de Bomare Company à moyen terme est de favoriser la création de 1 000 PME-PMI et start-ups dans cette filière dite de sous-traitance d’une importance capitale, s’agissant du développement de la filière électronique en Algérie. <