Le cahier des charges consacré à l’industrie électronique et électroménager sera soumis au gouvernement la semaine prochaine et publié au Journal Officiel au plus tard à la mi-octobre, a fait savoir le ministre de l’Industrie, Ferhat Aït Ali Braham.

Lors d’un point de presse animé à l’issue de sa visite, mardi, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, M. Aït Ali a tenté de souligner le retard accusé dans la livraison de ce texte réglementaire en soulignant qu’il a tardé à être élaboré parce qu’il «a nécessité un volet technique plus poussé que les autres filières», notamment à cause des taux d’intégration qui diffèrent d’un segment à l’autre de cette filière. En ce sens, le ministre expliquera que «les taux d’intégration dans le froid, le matériel de cuisine ou les radiateurs n’étant pas les mêmes, il fallait étudier un barème pour ne pas exiger l’impossible au niveau international, d’un côté, et ne pas être permissif, de l’autre».
A l’instar de ce qui a été introduit par le nouveau cahier des charges, portant sur l’industrie automobile, celui relatif à l’électronique et l’électroménager met le cap sur une activité qui privilégie l’intégration locale. C’est pourquoi, les opérateurs ayant déjà bénéficié du régime préférentiel, avant l’arrêt de leur activité, sont dans l’obligation de se soumettre au nouveau dispositif législatif pour reprendre leurs activités avec les mêmes avantages. Sinon, elles les céderont à d’autres intervenants dans une filière où le taux d’intégration pourrait être fixé jusqu’à 70% dans certains segments.
En attendant, le marché de l’électroménager et de l’électronique continue à subir, lui aussi, les effets des arrêts d’importation de kits CKD-SKD décidés par les pouvoirs publics depuis le gouvernement Bedoui. Une décision qui avait mis la filière dans une situation très difficile. Plusieurs entreprises dans cette activité, qui comptait 70 opérateurs avec 20 000 emplois directs et environ 60 000 indirects, s’étaient retrouvées sans matière première faute de renouvellement de leurs licences d’importation et d’exploitation par les autorités concernées. Même l’Entreprise nationale des industries de l’électroménager (Eniem) n’a pu être épargnée par les dommages collatéraux causés par l’arrêt des importations de collections CKD-SKD, et s’était retrouvée face à cet épineux problème qui l’avait poussé à mettre en congé ses travailleurs. La situation s’est relativement arrangée depuis pour le complexe Eniem qui a, justement, reçu la visite du ministre de l’Industrie. Ce dernier a saisi cette occasion pour rassurer les travailleurs. «Nous allons encourager et accompagner toutes les démarches qui s’inscrivent dans la politique de relance de l’économie nationale», leur a-t-il affirmé, exhortant les gestionnaires industriels à «cibler les segments porteurs et prendre en considération le souci de rentabilité économique et financière de l’entreprise».

Importations automobiles : 113 demandes d’agrément déposées
Lors de cette même visite dans la wilaya de Tizi-Ouzou, Ferhat Aït Ali est également revenu sur le dossier incontournable de l’automobile. Il fera savoir que dans le cadre de l’activité d’importation de véhicules neufs, 113 demandes d’agrément ont déjà été déposées au niveau de son département. Ce chiffre a été annoncé quatre jours seulement après le communiqué du même département ministériel faisant état de 184 préinscriptions formulées par 140 opérateurs enregistrées depuis le lancement, le 20 septembre dernier, de la plateforme électronique mise en place dans le cadre des nouveaux cahiers des charges régissant l’industrie automobile et l’importation de véhicules neufs par les concessionnaires.
Les demandes d’agréments déposées englobent tous les types de véhicules autorisés à l’importation, a indiqué M. Aït Ali, rappelant qu’«elles seront toutes étudiées» et que «les opérateurs auront leurs réponses dans un délai de 30 jours».
Une fois les autorisations délivrées, ce sera au ministère du Commerce de «veiller à ce que les clauses du cahier des charges soient respectées», a-t-il précisé, avant de rassurer les prétendants à l’activité de concessionnaire automobile. «Quiconque répond aux conditions contenues dans le cahier des charges aura son agrément», affirme-t-il en ce sens, avant de faire remarquer que celles-ci «ne sont ni difficiles ni draconiennes», mais constituent «un strict minimum exigible pour tout opérateur et garantissent la protection du client, qui constitue le maillon faible de cette chaîne». <