Conséquemment à la suppression par le gouvernement des licences d’exportation, une première cargaison de ciment gris quittera mardi le port d’Arzew à destination de la Gambie. L’annonce a été faite, hier, par le ministre du Commerce, Mohamed Benmeradi, lors de la 2éme édition du symposium international sur le transport des marchandises, organisé hier à Alger. L’Algérie effectuera, mardi prochain, sa première opération d’exportation de ciment, a indiqué le ministre du Commerce.

Il s’agit de l’exportation du ciment gris qui se fera à partir du port d’Arzew (wilaya d’Oran) vers la Gambie, a-t-il précisé, mais sans préciser la quantité qui va être exportée ni l’entreprise exportatrice. Mais la société LafargeHolcim Algérie a annoncé dans la même journée par le moyen d’un communiqué qu’elle réalisera sa première opération d’exportation de ciment gris mardi prochain à partir du port d’Arzew vers un pays d’Afrique de l’Ouest. Cette opération d’exportation, a-t-elle détaillé, porte sur 16 000 tonnes de ciment gris en vrac fabriqué par sa cimenterie d’Oggaz (wilaya de Mascara). L’opération confirme ainsi «l’engagement sans faille de LafargeHolcim Algérie au développement économique et social en particulier pour la diversification des revenus extérieurs hors hydrocarbures de l’Algérie», souligne-t-elle. Ainsi, au lendemain de la levée de l’interdiction à l’exportation qui frappe plusieurs produits, des entreprises algériennes décident d’ores et déjà de tenter l’aventure des marchés extérieurs. LafargeHolcim Algérie qui a fortement évolué ces dernières années dans l’industrie du ciment cherche ainsi des relais de croissance à l’export après que le pays ait atteint l’autosuffisance. Il y a quelques semaines, le ministre de l’industrie et des mines, Youcef Yousfi a indiqué que l’Algérie doit prendre sa part dans le marché international du ciment. «Cette industrie connaît un essor considérable dans notre pays et c’est tant mieux», a déclaré Youcef Yousfi, lors d’une cérémonie dédiée à l’inauguration de la cimenterie Cilas de Biskra, organisée le 17 octobre dernier. «Nous sommes passés de la phase d’importation à la phase de la satisfaction de la demande nationale par la production locale. Le temps est venu de songer à l’export pour écouler les surcapacités. L’Algérie deviendra excédentaire à partir de 2018 en matière de production de ciment», avait souligné le ministre de l’Industrie et des mines, annonçant à la même occasion la levée du dispositif de licences à l’exportation pour permettre aux cimentiers algériens de tenter l’aventure de l’exportation. Cela est rendu possible grâce à une forte croissance que connaît la filière Ciment qui, selon les prévisions du ministère de l’Industrie et des mines, atteindra un total-production de 40,6 millions de tonnes à l’horizon 2020, ce qui ouvrirait de belles perspectives à l’exportation pour nombre d’opérateurs nationaux. Les capacités actuelles de production tournent autour de 19,5 millions de tonnes en moyenne, ce qui correspond déjà à une couverture optimale des besoins nationaux. Dans un rapport prévisionnel publié récemment, le ministère de l’Industrie et des mines prévoit un surplus de production estimé à 12,5 à 13,5 millions de tonnes par an dès 2020, ce qui serait un bel excédent à l’exportation. L’Algérie se fixe l’objectif d’exporter en moyenne deux millions de tonnes par an avec, comme destinations potentielles, la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Tchad et la Libye.