Le Salon international de la récupération et de la valorisation des déchets, Revade 2019, a ouvert ses portes hier au Palais des expositions des Pins-Maritimes à Alger. L’occasion d’apprendre que «plus de 34 millions de tonnes de déchets», tous types confondus, sont générés annuellement dans le pays dont une partie importante, 13 millions de tonnes,concerne les déchets ménagers.

Synthèse Kahina Sidhoum
Pour les observateurs du secteur, le marché potentiel du traitement des déchets représente près de 45 milliards de dinars alors que le nombre d’opérateurs s’y trouvant actuellement ne dépasse pas 5 000 entreprises. Pour l’Agence nationale des déchets (AND), ils sont près de 4 080 entités à être présentes dans le traitement et l’exploitation des rejets ainsi que l’indique le Centre national du registre de commerce (CNRC). Selon l’AND, l’Algérie produit 13 millions de tonnes/an de déchets ménagers pour 42 millions d’habitants, soit 850 grammes par habitant et par jour. Cette quantité est importante comparée au faible taux de recyclage actuel qui ne dépasse pas les 7-8%, une performance d’autant plus déplorable que le secteur des déchets est pourvoyeur d’activités et d’emplois suffisamment puissant pour qu’il absorbe un nombre considérable de chômeurs ou de primo-demandeurs de travail quand il ne s’agit pas de «jeunes» chefs d’entreprise.
Il reste que les opportunités de développement du secteur restent nombreuses et prometteuses, l’enjeu est de le promouvoir en faisant connaître ses différentes disciplines et d’y encourager l’accès par des campagnes de promotion et des facilitations fiscales, notamment, l’environnement étant une question d’avenir en Algérie, où le milieu naturel est constamment agressé et dégradé par les rejets sauvages ou non organisés dans des dispositifs d’entreprise, de traitement et de sous-traitance. A ce titre, le Revade, dans son édition 2019 comme dans les précédentes, se présente comme une vitrine pour l’industrie des déchets. 80 exposants dont 5 étrangers y sont présents cette année avec l’objectif «de faire valoir tout ce qui se rapporte à l’aspect technique, la sensibilisation et aussi la communication sur les chiffres concernant la gestion des déchets au niveau national», ont déclaré sur place des représentants de l’AND. Ajoutant qu’il s’agit aussi pour cette agence, dépendant du ministère de l’Environnement et des Energies renouvelables, d’établir des partenariats avec des pays étrangers ayant une importante expérience dans ce domaine. Pour cette 4e édition du Salon, le thème retenu est «l’entreprenariat circulaire, un modèle économique d’avenir». Selon les organisateurs de cette manifestation, le but de ce salon est de promouvoir la création d’entreprises dans ce secteur et créer des postes d’emploi au vu du potentiel de déchets à revaloriser. n