L’inquiétude des travailleurs de l’Entreprise nationale des industries électroménagers (Eniem) monte en intensité. Une semaine après l’arrêt technique auquel a été soumis leur usine de Tizi-Ouzou, et qu’ils ont d’ailleurs rejeté, ils font part de leur crainte d’une compression d’effectif à laquelle pourrait recourir la direction de l’entreprise au cas où la situation de crise de l’Eniem demeure sans solution.

Hier, lors d’une conférence de presse organisée au siège de l’union de wilaya (UW) de l’UGTA, les travailleurs de l’entreprise publique ont de nouveau appelé à l’intervention des pouvoirs publics, en mettent en avant «le spectre d’un plan social vers lequel se dirige l’Eniem pour des raisons économiques, après deux périodes d’arrêt technique d’activité en une année». Référence faite à l’arrêt technique d’un mois le 1er décembre et celui de même durée qui l’avait précédé en février dernier pour le même motif, à savoir le problème d’approvisionnement en matière première par manque de finances.
Ce qu’a rappelé, hier, le représentant syndical Mouloud Ould Had, lorsqu’il a souligné que les travailleurs de l’Eniem «vivent un stress permanent à chaque fin du mois, quant à la perception ou pas de leur salaire, mais aussi au devenir de leur outil de travail». Il ne manquera pas, à l’occasion, de mettre cette situation sur le compte du mode de gestion qui prévaut.
Et de pointer un doigt accusateur vers les responsables de l’entreprise, en considérant qu’«il est inconcevable d’aller vers un arrêt technique des activités en février et de se partager une prime de bénéfices entre les cadres dirigeants de l’entreprise en juin !», s’est-il exclamé. C’est ce qui se serait passé, «alors même que l’activité de l’entreprise était à l’arrêt pour cause de la crise sanitaire qui sévit», ajoutera-t-il.
Abondant dans le même sens, le représentant de l’UW de l’UGTA, Kamel Limani, indiquera que «la sonnette d’alarme a été tirée depuis longtemps quant à la situation de l’entreprise». Le responsable syndical interpellera, par la suite, les autorités du pays à intervenir pour «sauver l’outil de travail à travers une décision idoine dont les modalités seront définies en concertation avec les travailleurs, telles que proposées lors de la visite, la semaine passée, de la commission ministérielle». Au premier jour de l’arrêt technique, décidé par la direction de l’Eniem, les travailleurs avaient tenu à exprimer leur rejet de cette formule en organisant une marche de protestation qui les avait menés de leur usine au siège de la wilaya où une délégation a été reçue par la wali. S’en est suivie une visite sur les lieux d’une commission du ministère de l’Industrie qui aurait tenté de rassurer les travailleurs et les dirigeants. Pour sa part, le PDG de l’entreprise, Djillali Mouazer, multiplie les sorties médiatiques depuis l’entame de l’arrêt technique et justifie cette opération par les «contraintes financières» et «la rupture des stocks des matières premières entraînant de fait l’arrêt de la production». Il a également transmis un message d’assurance à destination des travailleurs en annonçant qu’«un plan de sauvetage de l’entreprise est en élaboration avec le groupe Elec El Djazaïr et le ministère de l’Industrie». Ce plan «sera soumis aux banques et au ministère des Finances dans les prochains jours», a-t-il souligné.
Pour rappel, le 30 novembre, la direction de l’Eniem avait annoncé «un arrêt technique d’activité d’une durée d’un mois (du 01 au 31 décembre)» pour cause de «contraintes financières» et «rupture des stocks des matières premières entraînant de fait l’arrêt de la production». <