Par Bouzid Chalabi
Les industriels nationaux versés dans les secteurs de la production céramique et de la faïence sanitaire sont en butte à une insuffisance de matière première. «Ce qui freine quelque peu nos perspectives d’investir davantage dans notre cœur de métier», a révélé le président de l’Association des céramistes algérien (ACA), Mohamed Meftahi, au représentant du ministère de l’Industrie à l’occasion de l’inauguration du Salon industriel de la céramique qui se tient du 6 au 9 juillet courant au Palais des expositions des Pins-Maritimes (Safex Alger). C’était aussi pour le président de l’ACA une opportunité de suggérer à son hôte d’accorder des titres de concessions minières sous le régime collectif afin que chaque industriel puisse disposer de quantités importantes de matière première». Et ainsi «en finir avec le spectre d’une rupture de stock», a-t-il lâché.
Interrogé par le représentant du ministère de l’Industrie sur le niveau actuel de la production nationale, Mohamed Meftahi a indiqué que «le volume des 100 unités de production que compte le secteur va atteindre d’ici fin 2021, 200 millions de mètres carrés pour un besoin du marché local évalué à 120 millions m2». En somme, le marché de la céramique est saturé. Devant cette situation, Meftahi a confié : «Il va falloir que nous trouvions des débouchés à notre excédent de production. Autrement dit, viser l’exportation. Ce qui n’est pas du domaine de l’impossible dans la mesure où nos carreaux de céramique sont d’un égal niveau de qualité de ce qui se fait outre-mer. Mais il reste que nos prix ne sont pas assez concurrentiels pour pouvoir espérer décrocher des parts de marché à l’externe.» Sur ce point précis, le directeur de l’ACA, Aoumeur Babaaddoun, approché sur son stand par Reporters préconise que les exportateurs de produit céramique bénéficient de rabattement sur la taxe douanière imposée. «Nous ne pouvons pas entrer dans un marché avec des prix qui ne sont pas concurrentiels», a-t-il confié. Interrogé sur la décision de suspendre les importations des produits céramiques et marbres finis, le Directeur de l’ACA a tout de go jugé : «C’est une très bonne chose. Par contre, il serait aussi intéressant que les taxes d’importations relatives aux produits qui nous sont indispensables dans notre processus de fabrication soient revues à la baisse.» Arguant dans ce sens que «cela permettrait de diversifier notre gamme de production et également de ne plus importer de produits encore autorisés», a-t-il conclu.
Rappelons enfin que du côté des détaillants en produits céramiques, les avis sont partagés quant à la mesure de suspendre les importations de produits finis. En effet, certains patrons d’espaces, rencontrés par Reporters au lendemain de l’annonce de la décision du ministre du Commerce, avancent à l’unanimité que la suspension des importations de la céramique sanitaire et marbre finis est tout à la fois bonne et mauvaise. Pour Saïd, versé dans le commerce de la faïence sanitaire et autres produits connexes, entre autres les carreaux de marbre, et qui vaque à son activité sur un grand espace de vente à Chéraga-Ouest et où la clientèle a vraiment l’embarras du choix, «les prix du produit local de qualité sont encore très élevés par rapport à celui importé. D’où il serait intéressant de savoir si nos industriels, en se voyant protéger du produit importé, ne vont-ils pas revoir à la baisse leurs prix sortie d’usine». Toute la question est là. n