L’usine d’Annaba, fruit d’une joint-venture entre le français Alstom, l’Entreprise du métro d’Alger (EMA) et Ferrovial, est touchée de plein fouet par la crise et le gel des projets publics de renforcement des réseaux de tramway dans le pays.

L’unité, emblématique de l’investissement étranger et du renouveau industriel en Algérie, risque de ne plus avoir de plan de charge ni de bons de commande à l’horizon 2018, s’inquiète son manager.

Considérée comme l’un des fleurons industriels de l’Algérie, l’usine d’assemblage et de maintenance de tramways d’Annaba, appartenant à la Compagnie industrielle des transports algériens (Cital), a été contrainte de réduire fortement ses activités après avoir été amputée de la fabrication de 53 attelages, résultat de la remise en cause de projets de lignes dans certaines agglomérations du pays. «On n’aura plus de plan de charge à l’horizon 2018», s’est alarmé le directeur du projet Tramways et Câbles de Cital, Brahim Bouchrit, qui intervenait hier sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale. Une situation qui va entraîner, selon lui, une réduction de quelque 80% de son chiffre d’affaires estimé à l’origine à 17 milliards de dinars. «Initialement, notre plan de charge était de 230 rames, mais il a été réduit à 160 après le gel des projets», a encore précisé le même responsable. Pourtant, l’usine est parvenue en décembre dernier, à atteindre un taux d’intégration national de 30%, apprend-on des responsables de l’usine. La mise en œuvre du plan d’intégration national par l’usine a démarré avec l’ouverture d’un atelier de fabrication d’équipements câblés, en juin 2016, dans le cadre d’un partenariat entre Hiolle Industries, Arilec Annaba et Sofame, signataires d’un accord-cadre de cinq ans. Ce taux a été également obtenu grâce à l’intégration de pièces en composite, tôlerie et vitrage fournies par de petites et moyennes entreprises (PME) locales ou mixtes, dont la société locale El Kods de verrerie et Toyota Algérie pour la peinture. Pour surmonter les difficultés de financement de ses activités, le même responsable a assuré que son entreprise envisage l’éventualité d’initier des projets de partenariat public. «Compte tenu de la riche expérience que l’entreprise a accumulée, elle projette également de conquérir des marchés à l’étranger, dont le premier devrait être celui de la Tunisie», a explicité Brahim Bouchrit, qui a préféré ne pas «parler de scénario catastrophe». L’autre créneau que l’entreprise compte investir concerne, aux dires de l’intervenant, celui de la maintenance du réseau ferroviaire national et des lignes de tramways et du matériel roulant en activité. «On est en train d’échafauder d’autres scénarios pour sauver l’usine. Cital est un outil très performant, nous ferons tout pour qu’il survive et qu’il se redéploie sur d’autres secteurs», a-t-il rassuré. Fruit d’un partenariat algéro-français, cette usine est détenue par les entreprises algériennes Ferrovial et l’Entreprise du métro d’Alger (EMA) et la société française Alstom. L’usine d’assemblage et de maintenance de tramways d’Annaba est un site industriel qui emploie plus de 200 personnes spécialisées dans la conception de faisceaux électriques, de fabrication de vitres et de travaux de peinture, de carénages et d’afficheurs.