Date incontournable pour l’ensemble de l’industrie cinématographique américaine, marquant traditionnellement le début de la saison des récompenses, la 75e édition des «Golden Globes» est prévue pour la soirée d’aujourd’hui, 7 janvier, avec des cinéastes favoris et déjà plébiscités par la critique : «La forme de l’eau» de Guillermo del Toro et «Get Out» de Jordan Peele.

Au spectacle s’ajoute cette année la polémique ainsi que les conséquences du scandale de «l’affaire Weinstein», du nom de cet ex-puissant producteur accusé d’agressions sexuelles sur des comédiennes et des professionnelles du cinéma, et de l’onde de choc qu’elle n’a cessé de provoquer jusqu’à aujourd’hui dans les milieux du spectacle et au-delà. La presse spécialisée, citée avant-hier par l’AFP, indique que des participants au gala envisagent de ne s’habiller que de noir, en signe de solidarité avec les victimes du producteur d’Harvey Weinstein, accusé (parfois plusieurs années après les faits) par une centaine d’actrices et anciennes collaboratrices de harcèlement, d’abus sexuel ou de viol. Le déballage sur les frasques et les abus de pouvoir de M. Weinstein ont libéré la parole dans le milieu du cinéma en particulier et ont été suivis d’autres révélations et d’autres témoignages de victimes présumées de célébrités d’Hollywood tels que Kevin Spacey, Brett Ratner, Dustin Hoffman, John Lasseter ou encore Jeffrey Tambor, tous cités par la presse américaine comme des «prédateurs sexuels» alors que, hormis l’affaire Weinstein, aucune autre n’a encore traité officiellement par la justice. Face au grand malaise, la 75e édition des « Golden Globes » apparaît déjà à quelques heures de l’ouverture comme une tribune contre les abus sexuels. La rédactrice en chef pour la télévision au magazine spécialisé Variety a indiqué dans ce sens que la situation créée par les révélations « influencera tout, du discours d’introduction (du présentateur) Seth Meyers aux remerciements en passant par les tenues ». Pour la cérémonie en elle-même, un total de 25 prix sont en jeu. Ils seront décernés par un groupe d’environ 90 journalistes de l’Association de la presse étrangère d’Hollywood. Outre « la forme de l’eau » de Guillermo del Toro, cité comme le favori du jury, une romance fantastique mettant en scène une jeune femme muette qui travaille la nuit dans un laboratoire du gouvernement et qui tombe amoureuse d’un monstre reptilien captif, les médias américains évoquent volontiers la satire de science-fiction « Downsizing » d’Alexander Payne ou de la comédie « Baby Driver » d’Edgar Wright, sans oublier le film d’horreur « Get Out » de Jordan Peele, un genre généralement peu présent aux Golden Globes.