Par Feriel Nourine
Alors que les opérateurs prétendant à l’activité de concessionnaire automobile et les citoyens continuent à prendre leur mal en patience, et attendent toujours la libération des agréments donnant droit à l’importation de véhicules neufs, les responsables chargés de cette mission ne manquent, quant à eux, quasiment aucune occasion de s’exprimer publiquement pour mettre en avant la priorité du secteur qui devrait, selon eux, être accordée à l’industrie automobile.
Et c’est dans cet ordre de classement que le ministre de l’Industrie a fait savoir, hier, qu’une commission avait été mise en place au niveau de son département pour la préparation d’une nouvelle stratégie au profit du secteur automobile. S’exprimant devant la presse, Ahmed Zeghdar a expliqué que cette stratégie «repose sur les bases d’une industrie réelle, selon les orientations du président de la République». Il s’agit de «ne pas dépendre exclusivement des importations de véhicules neufs», a-t-il ajouté, soulignant que la commission fraîchement créée annoncera «prochainement» sa stratégie pour l’industrie automobile, avec un cahier des charges pour chaque filière.
Il y a deux semaines, le même responsable avait déjà estimé qu’«il faut aller vers une véritable industrie, moderne et en phase avec ce qui se passe dans le monde, et un niveau d’intégration locale de 40% au moins». Il avait également rappelé, comme cela se fait depuis la période du ministre limogé Ferhat Aït Ali, que de grands constructeurs s’était rapprochés des services de son ministère et que les «discussions se poursuivent». Quant aux noms de ces constructeurs, aucun détail n’avait filtré des déclarations du ministre.
Concernant le dossier des importations de véhicules neufs, M. Zeghdar inscrira sa nouvelle sortie médiatique dans le même sens des explications faites après les instructions données par Abdelamadjid Tebboune pour accélérer l’élaboration du nouveau cahier des charges régissant cette activité. En ce sens, il a confirmé l’arrivée de ce texte à la fin janvier prochain. Lequel servira à assouplir l’actuel cahier des charges. Or, c’est bien l’actuel cahier des charges, soumis à des amendements, qui était venu, en mai dernier, assouplir les mesures contenues dans le texte de loi hérité de l’ère Ferhat Aït Ali.
L’assouplissement évoqué par le ministre du secteur sera décliné en trois principales mesures, font savoir depuis quelques jours des sources proches. Celles-ci concernent la levée de la restriction de l’activité aux seules sociétés au capital social détenu exclusivement par les opérateurs résidents nationaux. Autrement dit, la révision de l’actuel cahier des charges ouvrira de nouveau la porte du marché algérien aux filières étrangères.
La seconde mesure d’assouplissement a trait à la suppression du régime des quotas dans l’importation des véhicules neufs, alors que la troisième mesure concernerait la levée de l’interdiction faite aux futurs concessionnaires d’importer des véhicules dont la motorisation ne doit pas excéder la puissance de 1.6 litre.
En attendant la fin janvier prochain, et l’arrivée du nouveau cahier des charges, des opérateurs économiques ne désespèrent pas de décrocher leur agrément dans les jours qui viennent. Ces derniers sont au nombre de huit, et ils ont obtenu gain de cause auprès de la commission des recours après le rejet de leurs dossiers par le Comité interministériel chargé de leur suivi.
Ils n’attendent donc que l’aval du ministère, selon le courrier adressé la semaine dernière par le groupement des concessionnaires automobiles au président de la République, sollicitant son intervention pour que leur délivré aux huit opérateurs le fameux sésame leur permettant d’entamer les procédures en vue d’importer des véhicules.
En fait, si les huit concessionnaires dont les dossiers ont été acceptés par commission de recours ont choisi de se tourner vers l’arbitrage d’Abdelmadjid Tebboune, c’est parce le premier magistrat du pays ne s’est pas contenté, il y a quelques jours, d’instruire les parties concernées sur la seule «révision immédiate» du cahier des charges, mais a également insisté sur la libération du marché des véhicules neufs en délivrant les agréments aux opérateurs qui le méritent déjà. <