Le groupe Volkswagen semble tenir à son projet industriel en Algérie. Le groupe automobile allemand n’a d’ailleurs pas raté l’occasion de la visite dans notre pays du Président du Gouvernement espagnol Perdo Sanchez, pour réaffirmer son intérêt pour ce projet.

D’où la présence dans la délégation d’affaires espagnole du représentant du même groupe pour la région de l’Afrique du Nord, du vice-président de la compagnie espagnole Seat, filiale de Volkswagen, Alfonso Sancha Garcia. Ce dernier a eu un entretien avec le ministre de l’Industrie, Ferhat Aït Ali Braham, à travers lequel il a pu avoir des explications sur le contenu du nouveau cahier des charges régissant la filière industrie automobile en Algérie, indique un communiqué du même département ministériel. Le haut responsable de Volkswagen a, alors, «manifesté «la volonté de son groupe d’établir un projet industriel en Algérie, conformément à la nouvelle approche de construction automobile», a fait savoir à la presse M. Aït Ali, tout en précisant que «les discussions avec la partie étrangère avaient commencé il y a six mois».
En effet, alors que la visite de Pedro Sanchez était initialement programmée pour le mois d’avril dernier, avant d’être reportée pour cause de Covid-19, Volkswagen avait annoncé, durant cette période qu’ils analysent «avec les autorités algériennes les solutions pour poursuivre leurs activités en Algérie, afin de maintenir leur engagement et leur intérêt pour le pays et pour l’ensemble de la région». Dans cette perspective, un groupe de travail sera formé entre le ministère de l’Industrie et le Groupe Volkswagen pour étudier la possibilité de lancer ce projet, a ajouté le ministre. Pour sa part, Sancha Garcia a déclaré que les discussions avec la partie algérienne étaient «très intéressantes et constructives».
Le géant automobile allemand ne semble donc pas près de tourner la page de l’Algérie pour une implantation industrielle, en dépit de l’échec de son projet avec son représentant historique en Algérie, en l’occurrence le groupe Sovac. Echec industriel doublé d’un scandale qui, à l’exemple des autres projets d’assemblage automobile ratés, a mené le président de Sovac, Mourad Oulmi, et de hauts responsables du pays, dont les Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, en prison.
L’expérience de l’usine Sovac Production, à Relizane, ayant tourné court, des observateurs excluent désormais un retour du constructeur allemand par la porte Sovac. Si implantation il y a, elle se fera à 100% étrangère ou avec un autre partenaire algérien, prévoit-on. Ajoutant que dans cette logique, l’usine de Relizane pourrait même être récupérée pour servir au nouveau projet, sachant que Mourad Oulmi et ses associés risquent d’en être dépossédés par la justice. En fait, si l’intérêt de Volkswagen pour l’Algérie est toujours d’actualité, c’est parce que l’Afrique du Nord jouit d’une position clé de la stratégie de mondialisation du groupe, notamment de sa marque ibérique Seat dont les modèles ont connu un grand succès sur notre marché, ces dernières années.
C’est d’ailleurs Seat qui avait mené le projet Sovac Production avant l’ouverture de l’usine de Relizane en juillet 2017. Et, «au-delà du marché algérien, c’est toute la région de l’Afrique du Nord qui est visée par Seat et le groupe allemand avec une délocalisation des citadines comme la Volkswagen Polo et la Seat Ibiza vers l’Afrique du Nord pour répondre à un besoin important pour ce segment aussi bien dans cette région qu’en Afrique Sub-saharienne tout en profitant des avantages de la Grande zone arabe de libre-échange et libérant, du coup, de la place au sein de ses usines européennes pour répondre à la demande croissante des véhicules haut-perchés et électriques», explique-t-on encore.