L’usine Renault Algérie Production (RAP) serait sur le point de reprendre ses activités, apprend-on d’une source proche de l’entreprise. Une reprise qui interviendrait après que les responsables du site de Oued Tlelat (Oran) ont pu récupérer les 6 000 kits d’assemblage bloqués au port depuis plusieurs mois. Lesquels kits sont comptabilisés pour l’exercice 2019, faut-il le préciser, ce qui signifie qu’au cas où cette reprise devient effective, elle le sera de manière temporaire, nous précise-t-on.
La Direction de RAP aurait même déjà rappelé près de 200 employés contraints au départ début septembre dernier dans le cadre du plan social mis en place par l’entreprise. Celui-ci portait sur un licenciement massif opéré au sein des travailleurs dont le contrat porte sur une durée indéterminée (CDI). Cette démarche avait été justifiée par «l’absence de visibilité de reprise », après des mois d’arrêt d’activité de l’usine, selon les justifications apportées par la même Direction. Entre-temps, ce sont des dizaines d’employés à contrat déterminé (CDD) qui avaient été mis au chômage par RAP, à partir de mars dernier, alors que d’autres employés CDI n’avaient pu percevoir leur salaire de base qu’à hauteur de 70%.
Toutefois, en annonçant le plan social de septembre, l’entreprise avait, dès juillet dernier, précisé que celui-ci pouvait être interrompu en cas de déblocage des fameux kits dormant dans le port depuis des mois. Ce déblocage n’ayant pu avoir lieu à temps, ce sont des dizaines d’employés qui ont dû quitter l’usine dès le 1er septembre avec la possibilité pour eux de choisir entre un départ volontaire ou une procédure de licenciement économique.
La réouverture de l’usine de Oued Tlelat permettrait donc à une partie des effectifs licenciés de reprendre du service, ne serait-ce que pour quelques semaines, le temps que les choses s’éclaircissent davantage dans le paysage automobile, notamment dans l’activité industrielle soumise désormais à un nouveau cahier des charges qui met les producteurs face à de nouvelles contraintes versées au compte de l’intégration locale, avec, cependant, des avantages en matière de fiscalité et de taxes. Faut-il souligner, par ailleurs, que la reprise annoncée à Oued Tlelat intervient à quelques jours du 6e anniversaire de l’usine RAP, inaugurée le 14 novembre 2014. Fruit d’un partenariat entre le Groupe Renault, l’Entreprise nationale des véhicules industriels (SNVI) et le Fonds national d’investissement (FNI), ce site est le premier du genre inscrit dans le cadre de la mise en place d’une stratégie visant à affranchir l’économie nationale des importations de véhicules à plusieurs milliards de dollars annuellement, pour l’orienter vers une industrie à plus-value d’intégration locale. Un défi qui n’a jamais été réalisé, et pis encore, le «made in Algeria » n’a pas tardé à dévoiler au grand jour les pratiques d’une «importation déguisée » qui a fait encore plus de mal à l’équilibre financier du pays. A noter qu’avant la mise en place du plan social, l’usine de Oued Tlelat employait plus de 1 100 collaborateurs formés aux métiers de l’industrie automobile et avait permis la création de plus de 700 emplois indirects, selon les chiffres de l’entreprise. n