Par Feriel Nourine
Une délégation conduite par l’ambassadeur de Corée du Sud en Algérie, Kim Chang-Mo, est attendue aujourd’hui à l’usine Kia (Gloviz) de Global Groupe, partenaire du constructeur sud-coréen, où elle devra s’enquérir de l’état d’avancement de l’installation des nouveaux équipements de fabrication au niveau du site situé à Batna.
Lesquels équipements sont issus de la dernière technologie en la matière, à travers laquelle Kia compte réaliser un taux d’intégration qui répond aux conditions mises en place par les pouvoirs publics dans la filière construction automobile, a précisé la même source au quotidien arabophone Echourouk, soulignant que cette visite s’inscrit dans le cadre de la nouvelle loi sur l’investissement et les avantages qu’elle offre aux investisseurs étrangers.
De quoi établir le lien avec la déclaration faite la semaine dernière par le ministre de l’Industrie Ahmed Zeghdar. Ce dernier avait affirmé que la nouvelle loi relative à l’investissement permettra à de grands constructeurs automobiles de s’installer en Algérie avec «un taux d’intégration important». Le ministre avait de nouveau évoqué des contacts établis avec de nombreux grands constructeurs automobiles, «mais le système juridique alors était absent», a-t-il noté. Considérant qu’avec la promulgation de la nouvelle loi sur l’investissement, «de grandes firmes viendront s’installer pour la fabrication de voitures, de tracteurs et de bus avec des taux d’intégration importants».
Une sortie du premier responsable du secteur que l’ambassadeur de Corée du Sud semble avoir saisie à sa juste opportunité en remettant rapidement sur la table le dossier de l’usine algérienne de Kia. Ceci d’autant que depuis l’arrêt des activités de montage automobile en Algérie, il y a plus de deux années suite au scandale qui a éclaboussé la filière et mené en prison l’ensemble des chefs d’entreprise concernés, les autorités sud-coréennes n’ont pas lâché prise, réitérant régulièrement leur intérêt pour une véritable industrie basée sur une véritable intégration locale. Lors des rencontres entre hauts responsables des deux pays, cet intérêt a, en effet, été manifesté par la partie coréenne. Un intérêt que le même ambassadeur sud-coréen a mis en avant lors de ses entretiens avec les officiels algériens.
De leur côté, les dirigeants de Kia Motors n’ont à aucun moment cessé d’afficher leur attachement à Gloviz. Et même lorsque les spéculations battaient leur plein sur une éventuelle reprise du projet Kia par un autre représentant algérien, ses dirigeants ont explicitement renouvelé leur confiance à Global Group dont le patron purge actuellement une peine de prison. Le constructeur sud-coréen a mis en avant sa confiance vis-à-vis de son partenaire algérien, confirmant sa volonté de créer une industrie automobile en Algérie, en promettant une intégration locale de 50%. Un taux qui permettra de créer 30 000 emplois, selon les mêmes sources citées par Echourouk. Ces dernières ajoutent que l’usine Kia Motors de Batna proposera un service innovant qui permettra, entre autres, la fabrication de carrosseries automobiles, à partir de fer algérien, pour les besoins d’autres marques installées en Algérie, ce qui mettra fin à l’importation sur ce registre.
Inaugurée en septembre 2018, l’usine Gloviz a fini par cesser ses activités en mai 2020, frappée par l’interdiction des kits d’assemblage décidée par le gouvernement de Bedoui. La chaîne de montage de ce site avait livré au client algérien des modèles touristiques, à savoir les Kia Picanto, Rio, Cerato et Sportage, ainsi que les camions légers K2700 et k2500. n