Le secteur de l’industrie automobile en Algérie s’est distingué durant l‘année 2017 par le renforcement des capacités d’assemblage des usines déjà opérationnelles, de l’inauguration d’un nouveau site, en l’occurrence l’usine Volkswagen de Relizane,

ou encore de la signature de plusieurs accords dont le plus en vue est sans doute celui ayant trait au projet du groupe PSA pour l’installation d’une usine à Oran.

Sur le registre des inaugurations, le constructeur allemand Sovac et son partenaire algérien Sovac ont inauguré, en juillet dernier, leur usine à Relizane, dans la commune de Sidi Khettab, pour le montage de modèles VW, Seat et Skoda. Quelques semaines plus tard, c’était au tour de l’usine Gloviz de Batna d’annoncer l’entame de l’assemblage des véhicules Kia. Entre-temps, des usines ayant déjà entamé leur activité d’assemblage avant cette année 2017 ont vu leurs chaînes d’assemblage monter en cadence et renforcer leurs livraisons. Le cas le plus édifiant dans ce chapitre est sans doute celui de Renault Algérie Production, dont l’usine de Oued Tlelat, à Oran, a soufflé sa troisième bougie le 10 novembre dernier avec la satisfaction d’avoir carrément dépassé les prévisions affichées au lancement de l’usine. Année blanche en matière d’importations, l’année 2017 aura toutefois vu la sortie de plus de 100 000 véhicules des différentes usines installées à travers le pays. Ce qui reste néanmoins nettement en dessous de la demande locale. Les deux prochaines années devrait, selon les volumes combinés annoncés par les responsables de ces usines, et des usines à venir en 2018, permettre de rééquilibrer le marché. Néanmoins, s’il est avéré que des avancées ont été réalisées en termes de volumes de véhicules assemblés par les usines algériennes, la sous-traitance locale reste bien loin des promesses faites au lancement des projets. Le taux d’intégration reste encore maigre dans certaines chaînes de montage alors qu’il est tout simplement inexistant dans d’autres. Le cahier des charges, publié il y a quelques jours sur le Journal officiel, est appelé à mettre un peu d’ordre dans ce sens et à donner à la sous-traitance locale le droit qui devrait lui revenir dans l’industrie automobile naissante en Algérie. L’avenir proche et les usines appelées à voir le jour en 2018 devraient nous renseigner sur la disponibilité des pouvoirs publics à faire appliquer à la lettre ce texte de loi devant régir l’activité de montage automobile. En dépit des opérations réalisées dans plusieurs secteurs industriels comme l’automobile, la sidérurgie, le ciment…, la sous-traitance reste le parent pauvre de la quasi-totalité des projets qui fonctionnent, malheureusement, en mode tout-import. Les chiffres rendus publics montrent que le nombre total des entreprises algériennes activant dans la sous-traitance industrielle ne dépasse pas les 900 entreprises, soit 10% seulement des entreprises du tissu industriel contre 20% à 30% en Tunisie et au Maroc. Face à cette situation, qui réduit la performance industrielle du pays à du simple assemblage où à des usines de boulonnage, l’Etat a aussi mis le cap sur la réduction des importations de composantes et pièces de rechange, de sorte à créer un tissu local de sous-traitance, sans lequel il ne saurait y avoir d’industrie nationale.