Par Nadir Kadi
Le ministre de l’Industrie et des Mines a fait savoir que le pays devrait de nouveau s’orienter vers la constitution d’une filière automobile. Le responsable, Ahmed Zeghdar, a en effet déclaré, mardi, en marge de l’installation des membres du Conseil national économique, social et environnemental (CNESE), que le gouvernement avait la volonté de reconstituer une «industrie» automobile locale, dans le but de satisfaire le marché nationale et pour d’éventuelles exportations «vers les pays africains» notamment. Une volonté qui serait déjà à un certain niveau de mise en œuvre, le responsable annonçant par la même occasion que des rencontres avec des «responsables de grands constructeurs de renommée» seraient organisées dès «la semaine prochaine».
Responsable du secteur de l’industrie, qui souligne toutefois que cette «seconde» expérience devra être étudiée «sérieusement», allusion aux scandales du «montage automobile» révélés il y a près de deux ans par la justice. Ahmed Zeghdar explique dans cette même logique que cette future industrie qu’il souhaite pour Algérie devra, également, s’adapter aux perspectives et prévisions avancées par les experts du domaine : «Nous sommes capables de fabriquer des voitures localement. Cette nouvelle expérience répondra à la fois à la demande du marché local et ira jusqu’à la fabrication de voitures électriques et certains types de véhicules hybrides.»
Projets industriels qui seraient ainsi entièrement «nouveaux», le même responsable fait savoir que toute reconversion ou recours aux anciennes installations de montage des ex-oligarques est pour le moment exclu. Le ministre précisant en substance que les «dossiers» des anciennes usines «est entre les mains de la justice (…) Le secteur de l’industrie n’envisage pas cette possibilité tant que la justice n’aura pas tranché ces affaires de façon définitive». Quant aux critères du choix des futurs partenaires, A. Zeghdar précise qu’un «sérieux travail» est en cours ; «de grandes marques internationales produiront les voitures en Algérie, une fois les accords avec eux finalisés». Le responsable mise en effet sur l’attractivité et les perspectives du marché algérien dont la demande locale serait, selon lui, de plus de 350 000 véhicules par an, sans prendre en compte «l’ouverture vers le marché africain à travers la Zone de libre-échange continentale».
Décision de relance de filière automobile qui est à la fois économique et politique, ce secteur est involontairement devenu le symbole de tout un système de corruption et de liens d’intérêts entre des responsables politiques de l’ancien système politique et les «investisseurs» du secteur. Le président Abdelmadjid Tebboune déclarait à ce titre, lors de la même cérémonie de mardi, que la politique de «montage automobile» avait abouti à des voitures locales vendues à des prix dépassant ceux des voitures importées, et à la perte de 3,2 milliards de dollars «gaspillés».